Police de la danse : la brigade du kiff multiplie les flagrants délits

Révolution dans le monde de la danse, plusieurs communautés ont décidé de mettre en place une police de la danse chargés de contrôler le bon comportement des danseurs. Parmi les brigades nouvellement créées, on retrouve la « Brigade du kiff », chargée de contrôler les flagrants délits de kiff.

C’est la débandade sur les parquets ! Là où le 19e siècle voyait des quadrilles bien ordonnés, des couples bien alignés respectant une distance règlementaire que la bonne morale ne pouvait réprouver, le 21e siècle a laissé la place à des couples enlacés perdus dans un état extatique étrange.

Tango, blues, mazurka, kizomba … les danseurs sont à la recherche du « flow », cette énergie étrange qui les rends oublieux de l’endroit où ils se trouvent ou de la foule autour d’eux. Une ambiance propre au « kiff », comme disent les jeunes.

Leave some room for Jesus
Exemple de distance règlementaire
Mais qu’est-ce donc que le « kiff » ? Une expression familière dérivée du mot arabe « kif », utilisée par les jeunes pour désigner l’amusement, une euphorie allant jusqu’à un état de plaisir intense. Le terme se déclinant parfois également en verbe « kiffer », utilisé de manière familière. Exemple : « Yo, cette tanguera j’ai kiffé, vas-y la milonga qu’on a faite elle était trop mortelle. »
kif nom masculin (arabe kif, état agréable) Poudre de haschisch mêlée de tabac, en Afrique du Nord.Définition du Larousse, dictionnaire de la langue française

Les règles de la bienséance enfin respectées

Armés de leur bonne morale et d’une règle double décimètre, les agents de la brigade du kiff sont bien  décidés à appliquer les règles les plus strictes du bal : carnet de bal, chaperon, et distance règlementaire.

Mais où est passée ma bible ?
Mais où est passée ma bible ?

Un officier proche de la brigade du kiff nous confirme de manière anonyme « Plusieurs flagrants délits ont été constatés, dont aucun n’a encore conduit à une interpellation même si nous avons plusieurs récidivistes en ligne de mire ».

Un agent de la Brigade du Groove
Un agent de la Brigade du Groove

Plusieurs autres brigades sont en cours de création, comme la toute nouvelle Brigade du Groove dont on annonce la présence cet été sur les parquets de festivals comme Gennetines ou Boombal. La « BGT », la Brigade du Trad, officiera quant à elle à Comboros.

La Journée des Droits des Femmes s’applique aussi à la danse

Jeudi c’était le 8 mars, la fameuse Journée Internationale des Droits des Femmes. Faute de temps, cet article sort donc en retard, mais je pense que j’ai bien fait, entre celles qui ont reçu des roses, la caissière du Carrefour qui demandait à ses clients « à quand la journée de l’homme lolilol j’espère que tu seras galant aujourd’hui », et enfin tous les pugilats de statuts dont Facebook regorge, je pense qu’il valait mieux repousser ma publication. D’autant que cet article sera encore valable demain et tous les autres jours de l’année.

Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas une grande féministe. Bien que très concernée par la question, je ne suis investie dans aucun groupe, aucune association qui se mobilise sur ces questions. Et je culpabilise un peu, bien évidement.

Mais allez savoir, peut-être que moi et toutes autres personnes concernées pourrions agir à notre niveau  pour un changement des mentalités ? La danse est un terrain qui véhicule encore pas mal de clichés genrés et/ou sexistes au quotidien. Vous aurez remarqué que ce blog aborde régulièrement ces thématiques (genre ), mais alors que faire qui pourrait s’appliquer dans ma vie de danseuse de tous les jours ?

Qu’est ce que je fais / peux faire, moi, au quotidien ?

Comme on est jamais aussi bien servi.e.s que par soi même, voici quelques propositions pour vous mesdames qui sont aussi valables pour vous messieurs (quel monde merveilleux), et qui à mon humble avis participent à l’évolution graduelle des mentalités.

Proposition 1 : j’invite à danser

The Ask me to dance project
The Ask me to dance project
Soyons honnêtes, selon la tradition ce sont les hommes (qui guident) qui invitent les femmes (qui suivent). J’ai régulièrement entendu des hommes dire que c’était encore pas mal le cas, et ça détendrait sûrement tout le monde si les femmes invitaient plus.

Proposition 2 : j’apprends à guider (et les messieurs à suivre)

Faire évoluer les mentalités, c’est aussi montrer l’exemple. On voit de plus en plus de femmes guider, un peu moins d’hommes suivre (teaser : bientôt un article à ce propos). Montrons l’exemple dans les cours et sur les pistes de danse. Nous sommes de vraies guideuses, et pas des suiveuses qui passent le temps par manque de cavaliers.

Proposition 3 : je ne guide pas « par dépit »

Je vous avoue que j’ai commencé à guider un peu par dépit par manque de cavaliers. Je n’aime pas rester sur ma chaise à attendre qu’un homme m’invite (cf. Proposition 1) et j’ai vite décidé de danser quand même, quitte à guider.

Mais quand je vois le niveau des femmes qui suivent, j’ai vite arrêté de jauger ma réussite en bal au nombre de danseurs masculins qui ont bien pu m’inviter.

En 12 ans de danse j’ai régulièrement entendu (et probablement dit) des « dommage, ce soir seulement 3 hommes m’ont invitée et du coup j’ai dû guider des copines pour pouvoir danser ». Nope. On arrête ça tout de suite, inviter et guider des femmes c’est fantastique et c’est pas du second choix !

Proposition 4 : je ne me tais pas quand un partenaire me fait mal et/ou me met mal à l’aise

Voila quelque chose de super important et de très délicat, que j’ai toujours beaucoup de mal à faire. J’ai peur de passer pour la chieuse, j’ai aussi peur qu’on se moque de moi, et bizarrement j’ai aussi peur qu’on me plante au milieu du parquet si je fais une réflexion à mon partenaire.

J’ai toujours été convaincue que braquer une personne avec de l’agressivité n’avait aucune chance de le faire changer d’avis ou d’attitude. Donc : politesse, fermeté, clarté sont les maîtres-mots. Quitte à avoir toujours quelques petites phrases de prêtes si jamais le langage corporel ne suffisait pas.

À coup de « excuse moi, tu pourrais bouger ta main s’il te plaît ? » avec un contact visuel direct, en passant par le « je serais plus à l’aise si on dansait moins près » et le je-ne-fais-pas-le-porté suivi du « désolée je ne fais le porté que si je suis en confiance et là je ne le sentais pas ».

Pour ceux qui douteraient que les situations de malaise existent dans les milieux de danse où tout le monde est si gentil, je vous renvoie au Tumbler Parquets Glissants qui récolte des témoignages sur ces situations.

On est d’accord qu’il y a aussi beaucoup plus de monde qui se tient bien, mais que ce sont des situations qui arrivent quand même régulièrement. Soyons prêt.es à expliquer, recadrer, éduquer et un jour (espérons) on n’en parlera plus.

Proposition 5 : je ne fais pas

Vous l’aurez compris, si je ne le sens pas, je ne le fais pas. Les dips, les sauts, les body-roll… si je n’ai pas envie ou que c’est mal guidé je n’y vais pas. Nous ne sommes pas des poupées et suivre ne veut pas dire tout accepter. Avec certains danseurs je dois mettre mon corps « à la défensive », c’est à dire que je dois faire un effort physique pour me protéger lors des tours, contrer ou atténuer des mouvements trop brusques, ou me rattraper pour ne pas tomber, alors je peux aussi me dire que « non merci, est-ce que tu peux y aller un peu plus molo s’il te plaît ».


..ou pas…

Et messieurs leaders, on vous incite bien sûr à avoir une petite réflexion sur les passes que vous faites, pourquoi vous les faites, sont-elles bien faites, avec qui vous les faites. 😉

Proposition 6 : je fais la promotion de la danse dégenrée et du respect du corps de la femme

Great tshirts of Maartje de Goede
Dutch dancer Maartje de Goede, Cadansa’s designer, makes fantastic tshirts
Alors oui, c’est un peu pesant parfois de corriger les gens « je ne fais pas le garçon, je guide », mais utiliser soi-même les bons mots et inciter (gentiment) les autres à faire de même participe à mon avis à l’évolution des consciences.

Et donc pour finir, big up à tou.s.tes ce.lles.eux qui œuvrent à l’évolution des mentalités sur la danse, aux profs de danse qui enseignent le respect du corps de la femme et la danse dégenrée, aux filles qui guident, à celles qui osent refuser une danse, à celles qui ont le courage d’interpeller un danseur qui leur fait mal, à celles qui dénoncent les abus et les agressions petites ou grandes qu’elles ont dû subir.

Et aussi merci à ces messieurs, les danseurs qui ne te font pas tourner dans les cercles parce qu’ils ont bien vu que le danseur précédent t’a baladée comme une toupie, à tous ceux qui apprennent à faire des dips correctement parce qu’ils ont peur de te faire mal au dos, ceux qui privilégient la qualité de la connexion au nombre de passes, ceux qui ont déjà « fait la fille » et ont trouvé que la formulation était totalement has-been.

Et à tou.te.s, bonne chance. Pour tous les jours.

The Dansuality Concept

If you ever watched the TEDx video of Trevor Copp and Jeff FoxLiquid Lead, at the beginning of the conference they typed ballroom dancing in Google and pointed out the result showed exclusively heterosexual couples, with a strict gender role division. It also appears that some adds for dancing are also far from the reality of social dancing, and looking more and more like adds for Tinder. Beautiful couple, sexy pose, in either close embrace or impressive aerial/dips. Advertising for dancing works the same way as selling deodorant or lipstick, the images associated with it are all the same : romanticism, sex, awe-inspiring…

Honestly… Do any of you actually dance like that in lessons or social dancing ?

Kizomba Flyer

Tango Flyer
Salsa Flyer
Latin Flyer
Balroom Flyer
Tango Flyer

May I have the next dance Miss Elizabeth ?
Even Darcy and Elizabeth met in a ball !

Is dance about sex ? Probably. In history social dancing was ever about meeting a potential partner, being introduced to a potential mate, talking and even touching without the intervention of a chaperone. Tango was invented in the bordellos of Buenos Aires…. and after all couple dancing is about bodies touching, embrace and physical contact…

Maybe it is what brings us to dance, and we need some dream material before starting to dance. But nowadays couple dance can bring something else to the serial dancers that we are. A notion that I can be in contact with another body, male or female, without any sexual notion.

The vertical expression of a horizontal desire

Tango and Latin dances, in general, have the reputation of a very sexy and sensual dance. Tango is the vertical expression of an horizontal desire, that very famous phrase I often hear about tango, just before I explain to people that my dance partners are usually older than my dad, which place horizontal desire far from all the reasons I dance the tango.

You know nothing John Snow
You know nothing John Snow
TangoComment2
TangoComment3

We will have great moments with these beginners.

The difference between seduction and sensuality

The truth is, a majority of people have no other reference for body contact than the sexual one. We might hug our family, our friends, but it rarely exceeds a few seconds, except in romantic encounter we don’t have many occasion to confront another body. Sensuality is closely linked to sexual attraction by the simple fact that we have very few other types of connections.

But there is something more, dancers are sharing, the sensuality in dancing. And it is mostly non-related to physical attraction for our dance partner.

freehug

Couple dancing is a sensorial dialogue on music, we share simultaneous displacement on music and it can be very intimate and strong. Mostly purely platonic, and for the very simple reason, we dance with too many partners to feel attracted by them all (let’s hope so, or you are selecting your partner only based on their attractiveness, which is possible but then trusts me, you’re missing something).

In fact, it reminds me of the one movement who promote a share of human contact : the free hug movement.

So what are we, if not free huggers in a musical context ?

That sensuality through dance, if I had to name it, it would be Dansuality. This I personally can share with another human being, man or woman, young or old, it doesn’t matter. Of course some people, even advanced dancers, don’t feel necessarily comfortable to share a deep dialogue with people from the same gender. We don’t even have to share a deep connection at every dance or with everyone. It is a matter of personal boundaries and there is actually no problem with that as long as we have enough respect for everyone.

Demo versus social dancing

To bring us to dance, many organisers and teachers are counting on fancy posters and flyers, but let’s say that youtube demos contribute as much as the big gap between expectations and reality. It’s usually about sexiness, or about acrobatic/impressive steps, or both. Demos are amazing, they show top dancers at the peak of their art, performing complicated and impressive stuff, but they usually forget to tell you some things :

  • Social dancing won’t allow it, mostly because of the lack of space and breakable partners
  • Without a partner and 10 years of working together, there is no way a social dancer can perform these things in an improvisation dance
  • Teacher’s demos are made to bring students in classrooms. Doesn’t mean they dance like that all the time, nor in social dancing

Nick Jones and Diana Cruz dance tango. Are they amazing ? Yes.
Do they represent the tango argentino we will learn in class and dance in milonga ? I believe not.
Tango dancers usually know the difference between « tango fantasia » and « social tango ».

Dance videos can bring you to dance, or they can keep you from it.

A small example with some friends who wanted to try forro until they saw the video on the left (major hit on Facebook). Amazing video, brilliant dancers, a bit SCARY for beginners. They were afraid to go, because they didn’t feel capable of doing something like this (but honestly, who can ?). But truth is, reality of social dancing is more like the video on the right. Both forro, both brilliant, 2 different things.

EXPECTATIONS – Forro de Domingo Festival 2014 – Valmir & Juzinha – Stuttgart, Alemanha
REALITY – Glice & Rudolfo Forró de Colônia

So why do we dance ?

People might be attracted to dance by the perspective of finding a mate or learn impressive steps to show-off. But if you actually ask dancers why they dance, there are a lot of different motives we rarely put forward in our communication.

Several sources tried to find an answer by simply asking people. And the reasons are diverse : to feel, to express, to connect to their roots, to work on their body, to relax, to have fun, to connect with people, to heal, to switch-off, to have fun, to be held… and yes sometimes to find a mate.

A quest for the Flow, that amazing connection between bodies

Amongst all the reasons that lead dancers to a ball, there is one very special you might need a bit of time to acquire : the mysterious Flow. What is it ? Some kind of bliss that make you and your partner shut down from the outside world, and make the time flow differently. I believe it is precisely what we sometimes mistake with seduction. It doesn’t exist exclusively in couple dance, as Fabien from Tango-agenda.com describes it in the article below (in french).

If we focus on couple dancing, to get to the flow mode, we’ll need :

  • To be relaxed
  • Good posture
  • To have a relaxed partner with a good friend listening to you
  • Good music and good dancing conditions

It isn’t related to the level of the dancer, even though I believe relaxed body, good frame, listening partners and immersion to music are not easy to attain when you are a beginner.

So what now ?

From that statement, I find there are some things we could do to make the dancing world a bit fairer. I won’t list them all, these resolutions are just the ones I feel capable of applying to myself on an everyday basis.

Teach gender free

If pleasure in dancing doesn’t depend on our partner’s gender, I don’t see why we should oblige men to lead and girls to follow. Like I said in the article Switch leading and Coguiding, we should open our minds and standards to other types of connections, embrace it, promote it.

Teaching connection instead of variations

It might be a bit tricky because beginners want to dance, to learn fast, and they want their efforts to be quickly visible, but I think many dancers will agree that quality is better than quantity and a good connection leads to dansuality and the holy spirit of flow.

Communicate differently

I just love to watch videos of people dancing, it’s an endless source of inspiration. But for some dances, I struggle to find beautiful videos of regular dancers. Just the normal ones, the ones I can feel close to, because it’s doable, attainable, and makes me – or others – want to try social dancing.

I deeply believe we don’t need fancy poses on posters to advertise for dancing, even for the sensual latin dances. A lot of dancing communities already advertise on the many other values composing the dancing world, and I really wish it can become the new standard values.

Organisers and dancers invested in safe spaces

A bad communication vehicle a wrong message about social behaviour in our dancing spaces. It brings people to balls but giving them false expectations, stupid clichés and might lead to wrong behaviours :

  • mandatory gender based connection
  • strong leads are the best leads
  • women love fancy stuff, dips and aerials
  • dance is for attractive people
  • dance is difficult
  • dance is sexy

Organisers and teachers have to be attentive to newcomers and nicely make sure everyone is aware that social dancing is not like youtube, and provides a safe space, clear lines of conducts.

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Call the midwife, une histoire de femmes sages

Grâce à Netflix qui propose un si grand choix de séries de la BBC, je viens de terminer la superbe série Call The Midwife, génialement intitulée SOS Sages femmes en français.

Call The Midwife
Call The Midwife

La série est adaptée des mémoires de Jennifer Worth, sage femme dans les quartiers pauvres de Londres au début des années 60. La narratrice de la série est donc une certaine Jenny Lee âgée qui nous commente son arrivée et sa vie à Poplar, en tant que sage-femme détachée auprès des nonnes de Nonnatus House. Elle vit donc avec les nonnes et deux autres collègues sages-femmes, s’occupant des accouchements à domicile, de la maternité de quartier, mais également comme infirmières pour les soins à domicile.

Autour de Jenny, des petites sages-femmes et des nonnes gravitent tout un tas de personnages attachants comme Fred l’homme à tout faire, le docteur Turner, Peter le gentil flic, Tom le charmant vicaire…

Call the Midwife - Sister Evangelina
Big up pour Sister Evangelina

Car les personnages font tout le charme de la série, ils sont tous attachants, drôles et profondément humains. Les dialogues sont bien écrits et tour à tour drôles ou émouvants. Les nonnes sages-femmes sont étrangement progressistes et drôles, les personnages secondaires masculins sont honnêtes et ouverts d’esprits.

Il n’y a pas de personnages méchants dans Call the Midwife et c’est certainement le côté le plus irréaliste de la série, même si tous ont leur petite part d’ombre. Le drame est généralement dans la situation, alors que les personnages ne sont qu’empathie et tasse de thé (ou de chocolat chaud quand la crise est vraiment grave). Et les épisodes ne sont pas tendres, même s’ils se terminent généralement bien sur une petite morale de la vieille Jenny qui nous rappelle que le monde n’est pas si nul que ça après tout.

Tous les thèmes sont abordés, entre le traumatisme d’après-guerre, la misère profonde, l’avortement, le deuil, la prostitution, l’homosexualité (illégale à cette époque), les MST, la vertu, le handicap, les maladies mentales, l’amour parental et romantique, la place de l’homme dans le couple (et dans les années 50), la famille, l’éducation, la réalisation de soi, les épidémies, le racisme, les avancées de la médecine…

Call the Midwife - Chummy
Mon top 5 des persos préférés : Chummy, Sister Angelina, Trixie, Sister Monica Joan et Fred !

Et puis des femmes, des femmes partout. Des femmes qui tiennent bon, parfois humiliées ou honteuses, des femmes sans contraception, battues, malades, des femmes qui avortent, des lesbiennes qui ne seront jamais libres, des femmes pieuses qui se démerdent comme elles peuvent entre leur foi et la misère qui règne autour d’elles, des femmes en manque d’amour, et celles qui font des kilomètres en vélo de nuit dans un quartier qui craint pour aller accoucher une femme en détresse.

Et évidemment des accouchements dans la douleur, il y en a plein, certains hardcore et d’autres moins, et on se demande comment on faisait avant l’invention de la péridurale (avec quand même mention spéciale pour l’épisode ou Chummy fait une démonstration de l’usage du gaz hilarant). J’ai rarement fait autant de recherche sur google pour trouver des infos sur tout ce que la Terre compte de maladies chelou, entre le spina bifida, la syphilis, la diphtérie et la fièvre typhoïde… Plein de choses peu ragoutantes je vous l’annonce, mais qui vous font savourer tout notre confort moderne.

Call the Midwife compte 6 saisons, dont les 5 premières sont disponibles sur Netflix. Un 7ème saison est prévue, et en attendant de pouvoir accéder à la saison 6, je compte porter toute mon attention sur les mémoires de Jennifer Worth, malheureusement décédée un an avant la diffusion de la série.

Raiz d’Aldeia, Festival de Arte & Cultura Tradicional

Since my first excursion in Portugal in 2015 for Forrò de Lisboa and Andancas, I can’t help myself to go back every year to try a new festival.  Portugal and especially Lisbon is beautiful, sunny and warm, and they know how to organise simple and joyful events full of friendly people. In 2016, after the amazing beach edition of Festival 3 Temps, I decided to try Raiz d’Aldeia, a small festival in june about which I’ve heard an unanimous praise.

Raiz 2017
Raiz 2017

A tough start

Like the festival Andancas, Raiz d’Aldeia is far from the big Portuguese cities, close to the spanish border. This year was a bit special since a huge fire sadly destroyed the Portuguese forest a couple of days before the festival, near Janeiro de Cima, killing 60 people. If you need proof that people can show solidarity in the worst moments, a collect of food and clothes was organised during the festival to help the survivors. Organisers showed great solidarity for the unfortunate and care for the safety of the dancers. As we traveled across the devastated lands, still smoking, we can’t help ourself but to think about how careful we need to be to protect our environment. Every time I came in Por (that’s it with the moralizing paragraph).

An excellent line-up

Back to Raiz d’Aldeia ! 2017’s line up was most agreeable, which seems to be a permanent feature of Raiz, but with a singularity I’ve never encountered before : some bands playing twice in the week end. It is unusual for sure, and you may think it will be boring, but not at all ! Every evening is so good, you’re just very happy to make it happen a second time !

Raiz d'Aldeia 2017 - © João FotoJonic www.fotojonic.pt/
Raiz d’Aldeia 2017 – © João FotoJonic www.fotojonic.pt/

The first band to play was a cute and charming duet from Portugal, Ledok, with a bit of singing and numerous influences like jazz. I really liked it even though some tunes are maybe a bit tricky for a festival opening when you’re not quite warmed up.  Bruno Letron (solo accordion), was amazing as always, simple and nice musician with beautiful melodies.  Duo Botasso (violin & accordion), the two brothers are as funny as talented, with some energetic music. They played some Italian dances, and I deeply believe that Italian and Portuguese music and dancers are made for each other. And finally, the funny Duo Vandenabeele Knapen (violin & guitar). I believe they enjoyed the festival very much, with all its people, activities, food and drinks, and then spread their happiness to the dancers, which proves again that mixing very happy musicians with dancers makes the best atmosphere for an event. They proved it by sharing a lot of time with the dancers, in jam sessions or swimming in the lake. Needless to say that not all the organisations incite professional artists to stay the whole week end and mix up with their public, that’s another of the particularities of the bal folk universe, and I hope it will stay that way.


Raiz 2017 – Duo Vandenabeele & Knapen (be) + Bruno Le Tron (fr) – mazurca

I just have 2 small annoyances about the festival’s line-up and organisation (personal opinion only). First is that I missed Portuguese dances. I rarely dance them elsewhere than Portugal (something I don’t get because they are lively, easy and usually hilarious). People told me Portuguese dancers do like to enjoy a more European influence when they go to a festival, when I came here for a Portuguese influence, and the result is : no Repasseado. (I am still wondering if European influence in fact means couple dances with romantic melodies as I hear more and more dancers complaining about the diminution of diversity in the neo folk bals in France… )
Repasseado.best.dance.ever
I am sad and I’ll need to come back then, to practice my Portuguese dances…

Second complaint, is about the tendency of Portuguese people and all the countries where the weather is warm, to make events start late. As people know it will start late, they’ll show up even later. Good point is : we never missed the first tunes. But I can’t help myself to think that at the French clock we would start at 8pm and have 3 bands playing instead of 2. But clearly people from Raiz know how to deal with the wait. And obviously it’s with food and hydromel, because Raiz provides to all our needs. Huge thank you Mr Hydromel, you know your stuff!

The art of holiday

The village, Janeiro de Cima, is not really easy to access and you’ll need a car to go there, but once on the spot you’ll be chill-ready for 3 days. That festival is like a summer camping with bal folk included : there is a field for the tents (or a small forest a few meters from there if you need shade), a small lake/river (rio Zêzere) with its beach bar (providing breakfast, lunch, beers, ice creams and showers…), an outdoor kitchen, a grass beach with picnic tables, hammocks just waiting for you to take a nap and small stalls to buy snacks. You can as well hang out in the village or go for a walk in nature. The village in itself is absolutely cute, with its schist houses. Days at the festival are holidays, if the weather gets too warm, we just have to roll from our towel to the lake then back from the lake to the pub’s ice creams.

Raiz d'Aldeia 2017 - Plan
Raiz d’Aldeia 2017 – Plan

Gallery not found.

The only advices I could give for those planning to visit Raiz in the future are, like all the festivals in the countryside, you should expect a huge difference of temperature between day and night, so bring a warm sleeping bag. I wouldn’t bring food to the festival, because they have nice snacks in the festival, a excellent (and cheap !) restaurant in the village proposing traditional dishes, and event a cute small superette in the village that can provide all the necessary products to make a splendid salad.

Workshops and activities

Every afternoon a workshop is organised in the village’s activity room. On Friday, Olha Kishulko from Spain gave a workshop Linguagem Musical para Bailarinos, which was very interesting for the part in understood (unfortunately not in english). We spent 2 hours listening to music in a nice quizz to find the good tempo, looking for strong beats and off-beats. An exercise requiring a lot of attention we sometimes do in lessons, but not often, and never that long. A very good exercise for the mind.

The second workshop I had the pleasure to organise and dedicated to couple dancing and close embrace, as we studied how to enter and leave the close embrace in good conditions (willingly, with joy, respect and care for the partner) and some variations we can use in close embrace where the space is crowded. It was a great experience for me, and a lot of fun, as I had several experiences in teaching before, but it still feels very impressive to speak to a crowd.

In the same time, Bruno Le Tron took musicians and dancers for a musical walk in the village to interact with the nice local people, and Simone Botasso improvised an accordion workshop at the cafe.

Raiz d'Aldeia 2017 - © João FotoJonic www.fotojonic.pt/
Raiz d’Aldeia 2017 – © João FotoJonic www.fotojonic.pt/

Still many festivals to discover

Raiz d’Aldeia 2017 was absolutely lovely with its nice people, cute trees, great bands, delicious food. It has some similarities with my favourite festival so far, Chatillon en Diois. It has some qualities I value highly for a dance festival like human size, one single dance floor so you won’t miss anything, plenty of time for naps, long brunch, beer, with a pinch  of workshops, and a good part of craziness. These are the best festivals in my opinion, and great to meet people if you are traveling alone.

Now, if you plan to go to Portugal, there are some festivals I would recommend you to go, or that I plan to try myself one day or another.

Châtillon et merveilles : recette d’un succès

En France, dans le triangle perdu entre Grenoble, Gap et Valence, il y a un petit village médiéval perdu entre montagnes et vignobles. Le trajet pour y arriver n’est pas des plus facile, mais ce petit havre de verdure est envahi une fois l’an en mai, par des danseurs venus d’un peu partout en Europe. Ce festival est très particulier pour moi, tout d’abord parce que c’est ma région d’origine et que j’aime la voir mise en valeur, mais également parce que cet événement a su s’imposer avec son charme si particulier et son dynamisme, comme l’un des festivals phare de la saison folk, avec ce petit truc en plus qui fait que tout le monde tombe sous son charme…

FranceChatillonChaque festival a sa signature personnelle et unique, certains comme Dansstage vont se focaliser sur la qualité de l’enseignement, d’autre vont promouvoir l’ouverture sur des danses multiples comme Andancas  au Portugal. La Nuit du Folk Dioise est, elle, construite sur le modèle du camp de vacances rigolo et déjanté avec de la super musique. En allant de festivals en festivals, j’ai rencontré Manu and Rosemarie, membres du Comité d’organisation de la Nuit du Folk Dioise. Devant une bière nous avons discuté de ce qui fait de leur festival une réussite reconnue.

Premiers ingrédients : une programmation d’enfer et des costumes kitsch

La première chose à savoir sur Châtillon, c’est que le festival a lieu du mercredi soir au samedi soir, avec remballage le dimanche. Relativement long donc, avec une programmation de grande qualité, à tendance très neo.  Le festival est ouvert aux nouvelles sonorités, avec par exemple il y a deux ans une soirée spéciale Electro folk, et toujours de nouvelles idées intéressantes. De « petits groupes » (entendez par là moins connus mais toujours très chouettes) animent les entre-set en acoustique tous les soirs. La scène folk compte d’innombrables groupes et personnellement j’apprécie les festivals qui donnent une chance aux petites formations de jouer devant des foules et d’étendre leur popularité.

Au départ, quand nous avons décidé de faire ce festival, nous sommes allés à différents événements et nous avons noté les choses qui nous semblaient positives et importantes chez les autres. Nous avons fait une liste des choses que nous aimions et décidé d’un ordre de priorité en fonction de nos aspirations et de nos moyens, ce sont les règles d’or de notre festival.

  • L’HOSPITALITÉ, un accueil chaleureux est indispensable, la qualité de vie fait toute la différence pour les artistes comme pour les danseurs
  • Les groupes doivent être de bonne qualité pour que les gens soient motivés à voyager pour venir nous voir
  • Le son et le sol doivent être parfaits
  • Une « nuit » est une nuit complète, ne pas fermer les portes tant qu’il reste quelqu’un debout
  • Une belle salle avec de belles décorations pour avoir une belle atmosphère
  • Nourriture et boissons en circuit court

Il se trouve que Châtillon dispose justement de l’une des plus grandes et des plus belles salles de la région. Nous somme super chanceux, la salle est déjà superbe en elle même, avant même que nous ayons commencé à décorer. Le village médiéval est plein de charme et toutes les commodités, le camping et les commerces, sont placées idéalement. Toutes les conditions sont réunies pour que les gens tombent amoureux des environs, et après 7 éditions nous sommes toujours super fiers de l’effet de l’endroit sur les gens.Manu & Rosemarie from Châtillon

Chaque soirée a sa propre couleur, avec un dress-code déjanté qui peut aller de disco à marin, en passant par immaculée conception. Il semble que l’esprit inventif et farceur du responsable des thèmes ne soit jamais en manque d’inspiration ! Les thèmes de 2017 sont d’ailleurs préhistorique, de viking à Louis XIV, années 80 et futuriste. Ça promet.

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Ajoutez un brin de nature

Châtillon-en-Diois et ses environs sont incroyablement beaux. En conséquence les organisateurs, outre des stages organisés avec les musiciens, se sont focalisés sur l’organisation d’activités dans le village. Ils espèrent bien que les festivaliers vont en profiter pour prendre un café (et danser) sur les terrasses des cafés du village, aller au marcher, faire le tour des producteurs de vins du Diois…

Comme le cachet des musiciens n’est pas aussi élevé que nous le souhaiterions, nous avons décidé de valoriser le déplacement en proposant aux artistes de venir en résidence avant ou après le festival, pour ceux qui auraient le temps et l’envie de travailler leur répertoire. Mais étrangement les différentes tentatives de résidences ont généralement fini en siestes, bières, balades dans la forêt, pétanque… Châtillon dispose d’une atmosphère qui n’a pas l’air propice au travail.Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2014
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2014

Si vous cherchez des balades autour du village à faire pendant l’édition 2017, il est à noter qu’un bal est organisé au marché le vendredi, ainsi qu’une balade musicale jusqu’à une cave à vin de coin (la cave de Maupas) et suivie d’un bal (et bien d’autres activités organisées).  Des scènes ouvertes sont déployées un peu partout, et pour ceux qui voudraient sortir des sentiers battus, il y a tout un tas d’infos disponibles sur le site de l’Office du Tourisme.

De quoi manger… et boire !

Soyons fiers de notre tradition française, la région propose d’excellents plats et boissons ! Le Diois est particulièrement connu pour sa Clairette de Die, ce délicieux mi-champagne mi-cidre tout léger et sucré ! Il y en a d’ailleurs tout un stock qui vous attendra à la buvette du festival.

Je pense que nous avons le record de consommation des festivals folk. Au moins 150 bouteilles de Clairette et 700 litres de bière. Et pas un seul problème de nuisance. Quand nous avons démarré le festival, il a fallu un certain temps aux habitants de Châtillon pour prendre la mesure du type d’événement que nous proposions. Pendant plusieurs années le journal local annonçait une rave party : de la musique, de l’alcool, beaucoup de gens… Il leur a fallu un peu de temps pour réaliser que oui, il y a du bruit et de l’alcool mais sans nuisances…

L’an dernier nous avons organisé un concert dans le Temple avec Montanaro Cavez. Une manière de faire plus d’activités pour les villageois non danseurs, et pour faire découvrir le village aux festivaliers. C’est du pas à pas. Au début ils ne faisaient pas trop attention à nous, après quelques années ils ont porté de plus en plus d’intérêt à l’événement, et maintenant pour la 8ème édition, le festival folk est prioritaire à tout autre événement organisé dans le même temps. Nous avons également eu une évolution interne avec un renouvellement du comité d’organisation. Nous organisons aussi d’autres bals pendant l’année donc il y a aussi pas mal de boulot de ce coté.Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Châtillon-en-Diois est situé dans le département de la Drôme, fameux pour ses ravioles – petits raviolis au fromage et aux herbes. Et saviez-vous que la Drôme est le département avec le plus grand nombre de fermes bios de France ? (instant culture) Si vous visitez la région pour la première fois, soyez prévenus : ça va être orgie de Ravioles, de fromage et de jambon…

Nous travaillons uniquement avec des restaurateurs bios, et du circuit court. C’est très important pour nous. Nous avons évalué qu’il y aura toujours une rotation de gens entre la salle et ceux qui vont prendre l’air ou boire un verre. Nous avons donc décidé de vraiment organiser un bar « off » avec une atmosphère unique, de la déco et de la musique qui n’ont rien à voir avec ce qui se passe à l’intérieur. L’espace bar/restauration a sa vie propre.Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Comme tous les événements dont la popularité augmente, le festival de Châtillon est parfois victime de son succès : les billets de l’édition 2017 sont partis en deux jours. Mais les chances de voir le nombre de billets augmenter dans les années à venir sont plutôt réduites…

Malheureusement nous n’avons pas trop la place d’agrandir le festival. Coincés entre les montages et la rivière, nous n’avons pas de véritable solution pour installer une scène de plus, ni pour accueillir plus de campeurs. Probablement nous n’augmenteront pas la taille du festival, et nous le garderons à taille humaine. Nos pistes de développement se portent encore et toujours sur l’interaction avec le village et l’organisation d’activités en marge du festival.

Nous organisons d’ailleurs d’autres bals tout au long de l’année, plus axés sur le public local, et un gros événement de 3 soirées pour le Nouvel An. Notre ambition pour un plus gros événement serait de créer un énorme festival sur le modèle des festivals d’été. Pendant une semaine et avec toutes les associations folk de la région, avec de la musique trad, du neo, des supers groupes… Et montrer aux danseurs de toute l’Europe ce que c’est de faire la fête dans notre superbe région !Manu & Rosemarie from Châtillon

Châtillon in Dreamland : recipe for a success

In France, in the lost triangle between Grenoble, Gap and Valence there is a little and cute village between mountains and vineyards. The trip isn’t easy to achieve but Châtillon-en-Diois, that small medieval village, is invaded once a year in may by dancers from all Europe. That festival is very dear to me, because it’s in my beautiful region of birth,and because of its very special atmosphere that makes everyone fall in love with the festival.

FranceChatillonIf every festival has its own unique signature, where some festivals will focus on the quality of the teaching like Dansstage, other focusing on promoting different dances like Andancas , the Nuit du Folk Dioise is more built like a funny holidays camp with amazing music.
Wandering from festival to festival, I’ve met Manu and Rosemarie, members of Châtillon’s organising team. In front of a beer we discussed what makes their festival so popular.

First ingredients : fantastic line-up and fancy costumes

First thing to know, the festival is quite long starting from wednesday night to sunday, with an important line-up of amazing quality, mostly neo. The festival is opened to new sonorities, like 2 years ago an evening dedicated to Electro folk. Between the different sets, “small bands” (but always great) are selected to play acoustic to entertain motivation.The bal folk world has countless small bands and I like festivals giving a chance to smaller bands to play for big crowds and extend their popularity.

When we first decide to organise a festival, we went to a lot of different events to see what’s happening elsewhere, what we liked or not… We made a list and we decided of priorities, the golden rules of our own festival.

We agreed on several points :

  • HOSPITALITY, warm welcoming and quality of life are essential for musicians and for the dancers
  • The bands have to be very good to make people travel to our place
  • The sound and dancefloor has to be flawless
  • A « night » is a full night, we’re not closing if there is anyone still standing
  • A beautiful room and decoration makes a nice atmosphere
  • Local food network

It happened that Chatillon has one of the biggest room in the area. And we are so very lucky, the room in itself is beautiful and the medieval village is so charming, it does half the work of conquering people’s heart. It’s already beautiful even before we start decorating and after 7 éditions we are so proud and surprised to see people love the place as much as we do.Manu & Rosemarie from Châtillon

Every night has its own color with a crazy dress code from disco to sailor and Holly glory, their ability to craziness is endless. 2017’s themes will be prehistoric, viking to Louis XIVeighties, and futuristic. Looks promising !

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Add a bit of nature

Châtillon-en-Diois and its surroundings are astonishingly beautiful. Therefore the organisers, in addition to music workshops with the artists, organise activities in order to make a link between villagers and dancers as they expect people to take a coffee (and dance) in the villages, at the market, visit the wine sellers… and enjoy the place !

As the musicians fee are not as high as we would like, we decided to make us attractive by inviting them for the whole week, propose them « résidence » if they have time so they can spend some time working on their music. But strangely the attempts of résidence were not very efficient, and always ending in naps, beers, walk in the forest, pétanque… In Châtillon people are catching up with the smoothness of life and don’t seem able to focus…Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2014
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2014

If you’re looking for walks around the village, 2017’s plan is a bal in the market on friday, followed with musical walk to the wine cave of the Maupas organised by the festival (amongst many other things) and again followed by a bal. Open stages are scheduled now and then.  And for those who wants to enjoy a hike, many walks are proposed by the Tourism Office.

Spice up with food, food, food (and drinks)

French have the reputation of excellent food and beverage, the Diois has both. The area is especially famous for its Clairette de Die, a sort of sugar-ish delicious bubbly wine, between Cider and Champagne. You’ll find plenty of that at the festival’s buvette.

I think we have the biggest score of beer volume amongst festivals. At least 150 bottles of clairette and 700 liters of beer. And not a single drunk people problem. When we started the festival it took a few years for Châtillon’s inhabitants to really take measure of the kind of party and people it is. They kept announcing a rave party in the local journal. Took them a while to realize we party and we drink -a lot- without disturbances. It’s been 3 years since we started to really extend the festival to the village. Last year we organised a concert with Montanaro Cavez in the Temple. It creates activities for the villagers, and show the village to the dancers. It’s a step by step. At the beginning they didn’t pay attention to us, after several years they started to pay more and more attention. Now it’s the 8th edition and the festival has priority to any the other event at the same period. We had an inside evolution in the organising team, it completely renewed itself since the first edition, and we organise other events during the year so there is a lot of work there on that side as well.Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

Châtillon-en-Diois is part of the beautiful department of Drôme which is famous for Ravioles, small raviolis of cheese and herbs. Did you know Drôme is the department with the highest rate of bio farms in France? If you’re visiting for the first time, I hope you’re ready to eat kilos of Ravioles, cheese and excellent ham.

We work only bio restaurant owners, and local food circuit. We evaluate there will always be people rotating around the bar. That’s also why we decided to make a different and unique atmosphere with a bit of craziness around the bar with music, videos effects… So it has a life on its own.Manu & Rosemarie from Châtillon

Julien Wieser Folkographie - Chatillon 2016
Julien Wieser Folkographie – Chatillon 2016

As every event gaining popularity, the festival of Châtillon-en-Diois is now victim of its success : 2017’s edition was sold out in 2 days. But the chances for the festival to grow bigger in the future are not very high.

Unfortunately we don’t have much space to extend the festival. Surrounded by mountains we don’t have anywhere to put more stages or welcome more campers. Probably we won’t increase our capacity and keep it as a simple and local festival. Our improvements now tend to encourage the dancers and the villagers to meet and discover each other more by organising side activities.

We also organise other events during the year, more local ones, and a big party of 3 nights for New Years Eve. Our ambition for a bigger festival would be to create a huge event on a week with all the bal folk associations of the region, based on summer festivals. Put a lot of traditional and neo music with awesome bands, and show people from Europe how great a party can be in our beautiful region !Manu & Rosemarie from Châtillon

Nouvelle tendance : la Kizomba bretonne fait fureur

Il est bien connu que les bretons ne font rien comme les autres et en voici une nouvelle fois la preuve avec cette nouvelle danse qui fait fureur auprès du jeune public de danseurs bretons : la Kizombreizh qui mélange kizomba et style breton.

L’idée est somme toute assez simple : danser de la kizomba sur de la musique bretonne, bombarde et biniou. Les cours de danse fleurissent partout en Bretagne de Brest à Saint Malo. L’engouement est tel que la région Bretagne à décidé de la mettre à l’honneur dans sa grande campagne de publicité nationale sous le slogan “Ici aussi on est show comme la Breizh”.

IciAussiKizombreizh

Quand la promotion de la Kizombreizh passe par les métros parisiens, au même titre que le surf, la haute technologie et les hipsters.

Passezalouest.bzh

Côté parquets, les festivals ne sont pas en restes et on annonce déjà une scène spéciale réservée à cette nouvelle discipline lors du prochain festival Yaouank et à la Fête de la Bretagne. De nombreux groupes de musique et bagad annoncent changer leurs set de manière radicale afin de profiter de cette nouvelle opportunité qui menace de déferler très prochainement sur le reste de la France. Le groupe Beat Bouet Trio, réputé pour son style original mixant accordéon, beat box et rap surfe déjà sur la vague avec un titre intitulé “Bouli breton” qui génère actuellement un grand enthousiasme sur les parquets et promet un succès national voire européen.

Cette évolution ne fait bien évidemment pas que des heureux et certains ténors de la danse bretonne dénoncent déjà une danse dont “la connexion collé – serré, la sensualité dégagée et le côté show-off vont à l’encontre de la sobriété et de la classe bretonne toute en retenue qu’on voit habituellement dans les fest-noz”.

Changer de rôle et coguider

Depuis plusieurs mois maintenant, une vidéo est devenue virale parmi les danseurs. Des conférenciers, deux danseurs professionnels y expliquent un concept existant depuis de nombreuses années en danse sociale, mais quasiment inexistant / partiellement ignoré / jamais mis en mots avant : si vous laissez de coté la répartition des genres dans la danse de couple, alors vous pouvez apprendre les deux rôles de lead et follow, et créer un nouveau type de dialogue avec votre partenaire de danse.

Petite information sur les mots lead, follow et switch
A la base, cet article a été rédigé en anglais [ici]. J’ai décidé de garder les termes « lead » et « follow » en anglais pour désigner les personnes qui guident et les personnes qui suivent. Les termes français comme cavalier/cavalière étant genrés et donc non applicables dans ce contexte, et guideurs/guidés et suiveurs n’étant à mon sens pas très jolis, j’ai tout simplement décidé de garder les termes anglais que j’utilise moi même au quotidien.

Par ailleurs, je parlerais également de « switch », qui est plus rapide et simple à dire que « le changement de personne qui guide » ou « changement de rôle ».

Liquid lead dancing

Trevor Copp et Jeff Fox ont appelé Liquid Lead le concept qu’ils ont inventé de changer de lead pendant la danse. Pour les personnes qui font de la danse sociale depuis un bon moment, il semble évident qu’ils n’ont pas inventé le concept en lui même vu que toutes les scènes de danse différentes l’appliquent déjà depuis des années. Mais dans un contexte de danse professionnelle, de show télévisé et de représentation dans les grands médias, revendiquer la danse de couple pour des partenaires de même sexe, et un changement de rôle entre la personne qui guide et la personne qui suit, c’est une grande première.
Ils font un constat très intéressant en pointant que la vision « grand public » de la danse est tout naturellement sur le modèle étriqué du  l’homme guide, la femme suit. Et même au delà de ça, l’idée prédominante est celle de l’homme blanc, grand et décidé qui guide, alors que la femme, petite, lègère et belle, suit. Et ils nous invitent de manière très pertinente, à élargir un peu notre horizon.

Pour des débutants, il n’est pas évident de concevoir qu’on puisse à la fois savoir guide et suivre, à apprendre un autre rôle que celui attribué de base à notre genre, et encore moins être prêt à changer de rôle à la demande. Changer de rôle est généralement quelque chose qu’on va explorer après un moment quand le danseur veut aller « plus loin » (pour tout un tas de raison, comme le manque de leaders par exemple).

Toutes les scènes ne sont pas à égalité

Tous les milieux de danse ne sont pas à égalité quand on parle de changer de rôle. Dans les danses latines comme la salsa / kizomba / bachata il est probablement peu commun à rare (notamment en danse sociale). Le tango et la danse de salon ont développé des scènes Queer, ce qui est généralement un très bon environnement pour apprendre à danser libéré des injonctions de genre, mais quelque part je trouve ça dommage d’opposer la scène traditionnelle et la scène Queer. La scène Queer étant le coté sympa et ouvert, le coté traditionnel étant considéré comme le coté démodé avec ses vieux codes poussiéreux. Et je crois fermement qu’une communauté de danseurs est plus riche quand elle se développe dans son intégralité avec toutes ses composantes.

Il me semble que blues dancing est le gagnant du switch, avec une grande liberté en danse social pour les hommes comme pour les femmes. L’enseignement y est généralement dé-genré, avec des ateliers et des cours spécifiques qui prennent en compte l’apprentissage simultané des deux rôles. Certains festivals proposent également de s’inscrire comme lead, follow ou switch.

Quelques questions à Justin Riley, professeur de danse blues international

Justin Riley (http://www.justindance.com) & Ruby Red (http://dance.ruby-red.com), changent de rôles dans la cuisine. Ils ont été le premier couple à concourir en Blues comme « fluid lead/follow switch partnership ».

Justin Riley

Justin Riley, est un prof de danse international et DJ, spécialisé en danse Blues, Alt-Blues, Fusion et en connexion en danse de couple.

Depuis 2001, Justin a étudié, dansé et enseigné plus d’une douzaine de formes de danses dans plus de 30 pays. Il apporte un point de vue international et nuancé à chaque classe, DJ set et chaque danse qu’il fait. En 2005, il est tombé amoureux de la danse Blues, Fusion et des mouvements Alternatif-Blues, et ne l’a jamais regretté ! Depuis ce jour, il est reconnu comme professeur et organisateur d’événements à l’international.

[En savoir plus sur Justin Riley]

[Si vous souhaitez lire la version originale en anglais de cette interview c’est par ici] (j’ai essayé de traduire au mieux mais vous comprendrez que ce n’est pas toujours évident)

Quelle est la philosophie de tes ateliers autour du switch ?

Quand j’enseigne le switch, il y a très peu de différence avec l’enseignement conventionnel de guider et suivre : posture, rythme, créer et remplir l’espace, de concept pour un cadre détendu et ouvert, permettant aux corps des deux partenaires d’être libres et expressifs tout en se connectant, tout ça reste le même.

Toutefois, quand j’enseigne le changement de rôle, je suis en mesure d’enseigner ce qui est considéré comme de la technique pour danseurs avancés, et ce dès le tout début : écouter et répondre à ton partenaire d’avantage que simplement guider et suivre, faire correspondre le cadre, le ton et le rythme entre les personnes, et d’autres concepts que d’ordinaire je n’enseignerais pas à des débutants. J’utilise souvent le switch en classe pour enseigner plus efficacement des techniques pour guider ou suivre. Même si les gens ne sont pas forcément intéressés pour changer de rôle dans leur propre pratique quotidienne, c’est un outil d’enseignement très efficace, qui nous permet de casser un peu nos suppositions sur la manière dont nous, danseurs et humains, sommes liés les uns aux autres.

Est-ce qu’il y a des techniques de switch ? Qui doit demander à qui ? Est-ce que ça doit être spontané ?

La règle de base pour danser Switch est la même que pour n’importe quel rôle en danse. Il faut demander ce que vous voulez comme partenariat, que ce soit clair et précis, ou vague si vous n’avez pas de besoin particulier. Si je veux que la personne me guide, je demande « voudrais-tu me guider ? », tout comme en switch je vais demander de danser en switch. Même si c’est toujours un peu plus compliqué que ça, et plus de l’ordre de « oh je me sens un peu fatigué aujourd’hui, je préférerais suivre uniquement. Si je me sens de switcher ou de guider plus tard pendant la danse, je te le ferais savoir. Ou pourrais-je te demander si je me sens de guider plus tard ? ». C’est toujours plus compliqué que ça, et nous devons respecter ces complications avec bienveillance. Le plus important est avant tout que les deux danseurs se sentent en confiance et confortables, et capables de façonner le type de danse qu’ils souhaitent à ce moment là. Et si ils ne peuvent pas trouver de partenariat mutuellement agréable, il y a un tas d’autres danseurs sur le parquet.

En termes de règles pendant une danse Switch convenu, elles ne changent pas d’un partenariat conventionnel. Ecouter, répondre, créer et remplir l’espace, donner des idées et surenchérir auprès de son partenaire, jouer, exprimer, attacher de l’importance à la relation, tout est pareil. Dans mon lexique, le danseur qui crée de l’espace est celui qui guide le mouvement, et celui qui le remplit est celui qui suit le mouvement. Ce qui se passe autrement est un partenariat standard. Mais même dans un rapport conventionnel leader/follower, guider et suivre n’est jamais à 100%. Tout partenariat est dynamique, peu importe s’il est classique ou non.

Changer de rôle avec un homme ou avec une femme, est-ce la même chose ?

Les traits de genre ont certainement un impact sur une danse ou sur le partenariat entre deux danseurs. Mes amis, sans regard de genre, qui ont une meilleure écoute dans la vie ont tendance à aller plus facilement vers le switch en danse… et vers les danses de couple en général. Pendant que ceux qui sont moins dans l’écoute ont plus de difficulté.

En tant qu’homme CIS, mes danses avec d’autres hommes, trans, ou non-binaires ont tendance à être plus facile et ne tiennent pas compte de l’idée hétéro-patriarcale sur comment nos corps sont sensés se confronter pendant la danse. Mes partenariats de danse avec une femme CIS peuvent également être non-binaires mais le processus est un peu différent, et demande de briser les attentes sociales pour créer ensuite un partenariat de danse dénué d’attentes genrées.

Si vous cherchez plus d’information sur l’enseignement conjoint des danses en lead/follow/switch, il y a un très bon article sur le sujet (en anglais) sur Ambidancetrous.

Coguider, quand il n’y a en fait pas de leader

Il y a des danses que vous pouvez coguider. Ce n’est pas tout à fait switcher, ce n’est certainement pas contre-guider. Je pense que c’est plus fréquent dans le bal folk, probablement parce que les danses circulaires comme la valse sont particulièrement adaptées à ce mode de guidage, tout comme le micro-blues.

En fait, coguider revient essentiellement à co-écouter. Beaucoup. Si switcher signifie changer de rôles, la personne qui suit devenant la personne qui guide, au coguidage en revanche il n’y a pas réellement de leader. Deux followers vont se concentrer sur leur partenaire et écouter les variations et la musicalité proposées par l’autre et ainsi construire un dialogue. Ce n’est donc pas une écoute passive, et le lead appartient au moment où votre murmure est plus fort que celui de votre partenaire.

Position pour coguider

J’ai entendu plusieurs termes pour désigner cette position, de position calin, à position égalitaire,  et position de coguidage… Cela signifie un cadre fermé, un bras au dessus, un bras au dessous de celui de votre partenaire. C’est à dire une position qui mélange celle du leader et celle du follower.

Position égalitaire, à la valse ça tourne tourne tourne
Position égalitaire, à la valse ça tourne tourne tourne

Cette position complètement circulaire est parfaite pour les valses et pour tourner d’une manière générale. Avec vos deux mains sur les omoplates de votre partenaire, les bras confortablement connectés comme sur un cerceau, vous pouvez littéralement faire peser votre dos dans les mains de votre partenaire, et utiliser le contrepoids du corps de l’autre pour tourner de manière ultra dynamique. C’est également un cadre parfait pour les petits espaces bondés.

Photo : Julien Wieser Folkographie - Chatillon en Diois 2015
Photo : Julien Wieser Folkographie – Chatillon en Diois 2015

Soyez juste attentifs à quelques détails :

  • Le cadre est un cercle, ne faites pas ressortir vos coudes vers l’extérieur
  • C’est plus confortable quand vos hanches sont alignées avec vos épaules. C’est un cadre fermé et donc proche du partenaire, si vos hanches sont en avant, cela peut mener à des situations inconfortables

Les danses suédoises : utiliser l’énergie du partenaire

Les danses traditionnelles suédoises utilisent beaucoup cette position égalitaire. Bon nombre de ces danses passent d’une position où les partenaires sont côte à côte, à une position égalitaire utilisée pour tourner, utilisant l’énergie des deux personnes pour renforcer la dynamique du tour. Il y a de une grande technicité à aller chercher avec ça, et de superbes possibilités si on souhaite étudier le cadre et la dynamique de couple.

Anton Schneider et Petra Eriksson, démonstration de Finskogs pols, musique de Yenu (Jenny Demaret et Mael Nesti)

Valses : pourquoi nous devrions tout simplement partager le lead

Avec des débutants (ou pas), je danse très souvent la valse en position de coguidage, et particulièrement avec les hommes débutants, ce cadre a de gros avantages :

  • Elle force les partenaires à avoir les épaules parallèles. Dans un cadre ouvert, l’angle entre les corps est souvent différent et peut poser soucis pour apprendre la rotation de la valse
  • C’est plus facile de mettre de l’énergie dans la rotation, alors même si le mouvement des pieds n’est pas bon, on peut quand même continuer à tourner
  • Avec un leader débutant, c’est plus facile de partager une rotation sans avoir à le guider

Changer de lead ou partager, ce n’est pas contre-guider

Même si j’apprécie beaucoup changer de rôle, coguider, et défendre ardemment une danse dé-genrée, je finirais tout de même par un petit bémol : le respect de votre partenaire étant la première et principale règle de la danse sociale, il est très impoli de forcer tout mouvement ou changement de rôle à votre partenaire de danse.

Sous aucun prétexte on ne change de rôle…

  • parce que votre partenaire n’est « pas assez bon »
  • ou ni même pour lui montrer « les bons pas »
  • si il/elle n’en a pas envie
  • sans prévenir

Changer de rôle pendant une danse n’est pas quelque chose d’anodin, et la meilleure manière de s’assurer que votre partenaire est d’accord est encore de lui demander. Avec certains amis, je n’ai pas besoin de verbaliser. Avec eux, je sais que ça va faire partie du dialogue de danse. Avec certaines personnes, je ne change pas de rôle. Parce que certaines personnes aiment seulement guider, et d’autres seulement suivre. Et c’est complètement ok. Parce que même si je suis une gentille fille et une lead/follow décente, certaine fois on a juste envie de se laisser porter.

Et si vous voulez en savoir plus sur ce thème, n’hésitez pas à consulter les articles du blog The Dancing Grapevine (en anglais) qui abordent également ce thème.

Trouver chaussure à son pied

S’il y a bien une question universelle que tous les danseurs se posent, quelle que soit la danse, c’est bien « qu’est-ce que tu as comme chaussures ? » et « Où les as-tu trouvées ? »

Au début, en tant que débutant nous ne ressentons pas le besoin de changer de chaussures. Nos chaussures de ville sont confortables et ça va bien comme ça. Elles ne glissent pas très bien mais bon, c’est supportable… Mais petit à petit les pieds du danseur commencent à souffrir un peu, puis les chevilles,  les genoux, et enfin le dos. Enfin, telle Cendrillon allant au bal, vous décidez de passer aux chaussures de danse. Et le monde change…

Quand j'ai essayé mes premières chaussures de danse
Quand j’ai essayé mes premières chaussures de danse

Les danseurs passionnés ont généralement plusieurs paires de chaussures pour parer à toutes les situations, comme danser dans une salle interdite aux chaussures de ville, en extérieur, sur un sol en béton, dans une atmosphère surchauffée, avec du style… Nous sommes capables de trimbaler un sac avec 3 paires de chaussures en permanence sur nous.

Nous avons tendance à acheter nos chaussures de danse dans notre propre communauté. Chaque style de danse a son style de chaussure. Mais en rendant visites aux autres communautés de danse, j’ai vu de très chouettes chaussures, et j’ai donc décidé de faire un petit tour d’horizon des voisins.

Disons le directement : cet article est davantage focalisé sur les chaussures féminines. Je pense personnellement que nous, femmes / guidées, sommes davantage exposées à des pas spécifiques et des variations (tours, pivots, tombés, portés…) qui sont plus éprouvants pour le corps et les jambes, ainsi qu’à une injonction plus ou moins marquée d’être esthétiques. Et qu’en conséquence il y a tout simplement plus d’offre pour nous.

Protéger ses pieds

Comme mentionné dans l’article Engager son corps dans la danse, le danseur doit faire attention au bien être de son corps avant tout, et avoir les bonnes chaussures représente le premier pas vers le confort. D’ailleurs, quelle que soit la danse, les conseils sont généralement les mêmes :

  • Les chaussures de danses sont conçues pour être flexibles, protéger les pieds, les chevilles et les jambes, tout en permettant les pivots et les appuis dans le sol.
  • Vos chaussures doivent être bien fixées à votre pied, de préférence avec une solide attache à la cheville.
  • Elles doivent être confortables à porter et ne pas exercer de pression forte sur vos orteils, mais doivent tout de même maintenir le pied.

Prendre conscience de ses appuis

La danse est au centre d’une prise de conscience de notre propre corps. Travailler une danse signifie généralement une prise d’appui / un encrage au sol, une coordination du corps, une prise de conscience de sa biomécanique. Toutes les danses développent un technique basée un travail d’alignement, de posture et des mécanismes de propulsion. Afin d’éviter les blessures, le mieux est encore de connaître notre propre fonctionnement et de déterminer ce qui est le meilleur pour nous (et n’est pas forcément le meilleur pour le voisin).

Biomécanique du pied – Fred Brigaud 

Comme on peut le voir, le pied n’est pas constitué d’un seul bloc, et les chaussures de danse sont généralement conçues pour respecter la mobilité du pied.

How to Use Your Feet in the Cha-Cha | Cha-Cha Dance, by Christina & Aaron

Placement des pieds, énergie, alignement, enracinement dans le sol… On retrouve ses notions dans toutes les danses, il est donc nécessaire d’avoir les bonnes chaussures pour pouvoir travailler efficacement.

Les chaussons de profs

Juste une petite semelle en cuir, 1cm de talon solide pour être à l’aise, du tissus et une petite lanière à la cheville, et voila ! Ces chaussures sont plutôt bon marché (10 à 20€) et parfaites pour glisser légèrement sur le sol. Elles sont très légères et parfaites pour les ateliers en salle de danse, avec un beau parquet bien lisse.

Comme elles sont très fines et légères toutefois, elles ne font qu’un écran très mince entre le pied et le sol. Il n’y a pas d’amorti, et si ça va protéger votre pied des imperfections du sol, en revanche ça ne protège pas vos genoux. J’aime beaucoup ces chaussures pour les ateliers, en revanche pour toute une soirée de danse je vous conseillerais de choisir des chaussures avec une semelle plus costaude.

Bloch Dance Teacher Shoes

 Sneakers

Mes précieux ! Les Sneakers viennent de la street dance, elles sont conçues pour être plus ou moins glissantes selon votre besoin. Elles peuvent avoir différent types de semelles, de tissus, cuir, daim ou plastique. Les semelles plastiques permettent de danser dehors ou sur un sol en béton, ce qui est assez pratique. Elles existent avec différentes épaisseurs de semelles et assurent un bon amorti pour protéger les chevilles et les genoux. La semelle est coupée en deux, ce qui dissocie le talon et le bout du pied, respectant la biomécanique du pied. Hommes et femmes en portent dans les différents milieux de danse, et même si ça n’est pas toujours d’une grande élégance. Prix entre 20 et 50€.

Sneakers

Chaussures de Forrò : les sapatilhas

Les ballerines de Forrò sont de petites chaussures mignonnes et girly, faites pour porter avec les jupettes colorées qu’on voit fleurir partout en soirée brésilienne. Les chaussures sont légères et aérées, mais aussi très confortables ! On les trouve en noire ou parfois avec des motifs à fleur colorés. Au Forrò les femmes dansent majoritairement sur l’avant du pied mais on y voit rarement des chaussures à talons comme à la salsa. Les hommes quand à eux dansent souvent en baskets ou pieds nus. De nombreux profs choisissent de danser avec des pédilles (voir plus bas) plutôt que complètement pieds nus afin de protéger leurs métatarses.

Forro ShoesTailles de talons standards : à plat.

Vinicius Kozan and Isaure Lapierre
Il porte des pédilles, elle des sapatilhas

Chaussures de Swing

Youhou! Les chaussures de Lindy !! Le milieu du swing  (Lindy hop, Balboa, Charleston…), c’est le monde du look vintage ! Avec les splendides vêtements vintage viennent les belles chaussures de swing qui glissent bien. D’un coté, les hommes ont des chaussures avec un petit talon qui permettent d’avoir des appuis solides. De l’autre, les femmes qui vont faire beaucoup de pivots et de passes plus ou moins accrobatiques, vont danser en chaussures plates ou en petits talons épais qui permettent une grande stabilité.

2015 commercial for The Revival Retro Boutique (London), with Charleston dancers Sharon Davis, Nancy Hitzig and Vicci Moore.

West Coast Swing

Les West Coast Swingers sont très fans de ces sandales flexibles et ouvertes sur l’avant du pied, avec un talon large et solide. Cette danse utilise également beaucoup les transferts de poids du corps de l’avant du pied au talon et inversement, les chaussures doivent donc être très stables. C’est également l’une des rares communauté de danse à avoir développé des bottes à semelles glissantes.
Womens WCS ShoesHauteur standard de talon : petit.

Latin (salsa, bachata, kizomba, et tout ce qui se termine en -a)

Comme les chaussures de tango, les chaussures de danses latines sont majoritairement ouverte sur le devant. C’est manifestement la norme dans toutes les danses où les danseuses doivent pointer le pied, et où le jeu de jambe et le jeu de pieds est important. Comme toutes les danses avec beaucoup de tours rapides, elles ont une semelles bien glissante et de solides talons. Les débutants sont généralement conseillés de commencer avec des talons bas, et de changer de hauteur une fois qu’ils ont un meilleur axe et une bonne tenue de corps.

Comme pour le tango, les prix varient entre 30€ et vraiment cher.

Dans la vidéo ci-contre, Jorday Rivera, qui enseigne la salsa à New York, indique que les sneakers et autres chaussures plates sont à bannir en soirée pour des raisons notamment esthétiques. Et je pense qu’on est ici à la grande problématique entre le confort et l’injonction à la beauté et à l’esthétique qui existe dans certaines communautés de danse. Autant on peut choisir des talons et préférer leur esthétique, autant je ne sacrifierais pas mes pieds et mes genoux pour ça, donc si vous êtes plus à l’aise rien ne vous empêche de passer toute ou partie de votre soirée salsa en talons plats ou en basket si vous le souhaitez.

Pédilles

Pour ceux qui voudraient danser pieds nus, il est possible d’exposer ses orteils tout en protégeant ses métatarses.  Très utilisées en danse contemporaine et par les hommes en Forrò, on peut trouver des pédilles de toutes formes dans tous les bons magasins de danse. En terme d’aspect, ça ressemble généralement à une paire de mitaines pour pieds avec un renfort en cuir sous le pied.

Prix entre 10 et 20€

Pedilles

Chaussures de villes

Si vous êtes vraiment à l’aise dans vos chaussures de villes et que vous souhaitez juste rendre la semelle un peu plus glissantes, de nombreux danseurs utilisent une astuce assez simple. Elle consiste à coller du ruban adhésif sous la semelle le temps de la soirée. Pas toujours esthétique, mais assurément bon marché et efficace.

Chaussures de tango

Je voudrais terminer par les chaussures de tango. Il est peu probable que vous achetiez des chaussures de tango si vous ne faites pas de tango, mais elles sont tellement belles que je ne peux pas m’empêcher d’aborder la question.

Les talons aiguilles sont quasiment inévitables en tango argentin. Il n’est pas impossible de danser en talons plats, mais la technique est différente et certainement pas plus facile. Comme les filles-followers marchent à reculons, les talons aiguilles nous permettent d’atteindre plus rapidement notre axe et nous permet de maintenir efficacement notre équilibre sur une jambe.

My dream shoes, by Lisadore Comme Il Faut - Tango Shoes
My dream shoes, by Lisadore Comme Il Faut – Tango Shoes

Tailles de talons standard : 6 à 10cm

Nous (femmes-followers) passons notre danse à transférer notre poids du corps des orteilles au talon, en poussant fortement le sol, afin d’avoir un encrage le plus puissant possible. Il est donc très important que notre semelle soit flexible, et la chaussure bien attachée par une sangle. Le plus souvent les tangueras dansent sans collants afin que le pied ne glisse pas dans la chaussure. Souvent faites sur mesure, les chaussures de tango sont généralement, chères. (50 à 250€)

Pour celles et ceux qui veulent suivre sans talons aiguilles, il y a un gros travail à faire sur l’extension de la jambe et les transferts de poids du corps vers l’arrière, et la transition métatarse-talons qui n’est pas du tout évidente. A ma connaissance, les danseurs de tango qui dansent à plat utilisent beaucoup les baskets Sneakers.

Quelle hauteur, quelle ouverture au niveau des orteils, etc. Chaque personne va avoir une sensibilité différente. Tapez « Choisir chaussures de tango » dans Google et vous trouverez des tas de conseils pratiques pour choisir les bonnes chaussures.

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Quand la chaussure choisit son danseur.

Pour finir, rappelons que le plus important en danse est d’être bien dans ses baskets ! Que ce soit pour les vêtements ou les chaussures, il faut être à l’aise, même si ça nécessite d’amener 4 tshirts et 3 paires de chaussures. Renseignez-vous autant que possible sur le type de sol, la durée de la soirée, si les chaussures de ville sont autorisées ou pas. Soyez parés à toutes les éventualités !

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