Dans la tête des hommes qui suivent

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En tant que femme qui guide et qui suit, j’ai une idée assez précise de ce qui fait qu’une femme choisit de guider en danse sociale. Bien sûr ce n’est pas les mêmes raisons pour tout le monde, mais ce que je pense être une situation assez commune. J’ai eu ma part d’attente sur les chaises, de chercher pour des partenaires de danse, et même de s’inscrire sur des listes d’attentes pour des cours ou des festivals où il faut absolument venir avec son partenaire. A la fin, on finit par se mettre à guider par nécessité, parce que malgré tout on vient pour danser, et pas pour attendre qu’un partenaire masculin se libère. Pour les hommes, je ne sais pas ce qu’il en est, je suppose la situation d’être légèrement différente, moins motivée par le besoin mais plutôt par un mélange de challenge et de curiosité. Mais le meilleur moyen de le savoir est encore de leur demander.

Il y a quelques mois, j’ai ouvert un questionnaire sur les hommes qui suivent en danse sociale (tango, salsa, bal folk, rock’n roll, lindy hop, danses de salon, autres…) leur demandant pourquoi ils ont commencé à suivre, dans quel contexte, quel effet ça fait de changer de rôle, quel type de personnes les guident, leur meilleur souvenir de suiveur, et s’ils ont perçu de l’opposition dans leur démarche à certains moments. J’ai reçu de nombreux témoignages, et je remercie les 122 hommes de différentes danses et pays qui ont répondu à cet appel à témoignages, et également à ceux.celles qui ont partagé ce questionnaire sur leurs réseaux (étrangement : majorité de femmes).

Il m’a fallu du temps pour lire toutes vos intéressantes réponses et bien sûr… faire un choix (difficile) parmi ces témoignages, donc mes excuses à ceux qui ne trouveraient pas leurs réponses dans l’article ci-dessous.

Que recherchez-vous ?

Ceux qui veulent s’amuser

Initialement je ne fait que du lead, le changement de rôle est venu par « jeu » au cours des soirées de danse social. Avec des amis nous avions pris l’habitude en fin de soirée d’essayer/d’apprendre a se voler/échanger de cavalière de manière fluide. Et petit a petit les filles (principalement follow, mais qui avaient appris à lead) ont elles aussi essayé les vols/échanges mais du coup en incluant régulièrement des switchs de rôle, nous plaçant en follow régulièrement. Du coup j’ai commencé avec d’autres a expérimenter le rôle de follow, et plus seulement lors d’échanges au cours d’une danse. Maintenant il nous arrive aussi régulièrement a switcher pour comprendre comment guider un mouvement en testant les deux rôles.Vincent, France (lindy hop)
Avant même de savoir bien guider j’ai voulu apprendre à l’être, juste pour rigoler et rendre la danse plus originale, sortir des conventions, échanger en cours de danse, voler des leader, etc. C’est la première raison. Le fait d’utiliser ça pour mieux guider derrière n’est que la seconde.Baptiste, France (lindy hop)

Ceux qui veulent améliorer leur guidage

A l’origine, j’étais follower pour mieux comprendre ce qu’il fallait guider et faire ressentir quand moi même je guidais. Ensuite, c’est devenu un pur moment de détente et d’expression, où on a pas la pression de devoir faire comprendre quelque chose, de guider l’autre, mais juste se laisser aller et jouer avec ça !Martin, France (bal folk, lindy hop, blues dancing, salsa, kizomba)
Je guide à 90% mais j’aime bien être guider aussi on se met à la place de l’autre et on comprend les subtilité d’un bon guidage, ce qui peut faire mal ou ce qui n’est pas assez franc, l’intention. C’est presque un autre sport car tout mes acquis ont été remis en cause quand j’ai commencé.Olivier, France (forrò, salsa)
Mon niveau en tant que guideur à littéralement explosé lorsque j’ai appris à suivre. Ça permet de faire de la vrai empathie, comprendre les passes plus compliquées, voir celles qui peuvent parfois être délicates, etc… J’apprends aussi de nouvelles passe grâce à ça 🙂 souvent en suivant et je suis là « oh! je connais pas cette passe, c’est chouette, montre moi comme tu as fait! »Dorian, Belgium (rock'n roll, forrò, salsa, others)
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Certains d’entre vous voient la maîtrise des deux rôles comme un but technique à atteindre, parfois une étape obligatoire pour enseigner la danse. C’est une pensée intéressante… car je suis convaincue que la majorité beaucoup des professeurs de danse sont loin de maîtriser les deux rôles. Pour être un bon professeur, il faut évidement avoir une connaissance approfondie de guideur et basique de suiveur (espérons le), mais au point d’être à l’aise avec les deux rôles en soirée et être vraiment ambi-danceur ? Je ne pense pas qu’on en soit là. En tous cas si le sujet n’est jamais abordé pendant les cours, c’est probablement que le professeur ne maîtrise pas les deux rôles.

Qu’est-ce qu’un « ambidanceur »? C’est un danseur avec la capacité à la fois de guider et de suivre. Il y a une communauté appelée Ambidancetrous, qui fait la promotion de l’ambidance.

Ce sont les cours les plus intéressants. Seules les personnes qui connaissent les deux rôles peuvent vraiment danser (les profs pros dans les festivals savent toujours faire les deux !).Maxime, France (tango)

Ce serait une évolution majeure dans l’univers de la danse, si on considérait que maîtriser les deux rôles est un achèvement technique. Cela signifierai que dans le futur tout le monde pourrait choisir entre guider et suivre, et l’ambi dance deviendrait la norme. Mais aujourd’hui l’attitude des professeurs entre guider et suivre est encore floue. Certains sont tout à fait pour, et vont éventuellement l’enseigner et le montrer en exemple. Certains sont totalement contre.

J’ai des tas de bons souvenirs. Un des plus cocasses était à un festival de Forrò à Bruxelles avec ma prof Marion Lima. J’avais décidé de faire tout les workshops du samedi en follow, lady styling inclus (ce que mes pieds ont regretté pendant trois jours, les demi-pointes ça ne vient pas naturellement). Bref, je me retrouve entourée de danseuses et là Marion décide de faire de moi son cobaye, j’ai passé le cours à faire alternativement follow et lead, agrémenté de toutes les blagues possibles sur mon « style ».Matthieu, France (lindy hop, blues dancing, forrò)
Le prof m’a empêché de faire follow alors que plusieurs leader attendaient une rotation dans le cercle pour pouvoir danser.Thibault, France (lindy hop, blues dancing)
En lindy hop j’ai senti que les  rôles étaient plus « traditionnels ». Par exemple : quand notre professeur montrait un mouvement pour les suiveurs, j’ai voulu l’apprendre aussi et le pratiquer avec les femmes. Quand la prof a vu ça, elle m’a regardé avec désapprobation et m’a dit que c’était un mouvement uniquement pour les femmes. J’ai trouvé le commentaire étrange, et encore plus bizarre quand deux mois plus tard elle a expliqué exactement le même mouvement pour les guideurs (dans ce cas, tous des hommes). Apparemment, nous pouvons parfois faire aussi ce mouvement, mais nous ne pouvons pas l’apprendre en même temps que les suiveurs.Florian, Belgium (bal folk, lindy hop, forro)

Ce qu’on ressent

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Vos mots

Ceux qui découvrent des mouvements qu’ils ne pensaient pas savoir faire

Une danse avec une personne avec laquelle je n’avais jamais dansé avant, et elle était très bonne guideuse (Slovenienne, et en Slovenie il n’y a pas assez de guideurs alors les femmes pratiquent beaucoup le guidage, hourra), et faisait plein de variations intéressantes et nouvelles (pour moi), et nous étions tellement connectés que nous ne faisons qu’un. Tout a fonctionné et semblait tellement naturel. J’étais ébloui car je n’avais jamais vécu quelque chose comme ça comme suiveur…Bram, Belgique (bal folk, tango, salsa)
J’ai suivi et échangé de rôle avec un danseur qui faisait des portés et des tombés que je n’avais jamais fait avant, avec une grande facilité, il m’a tout fait faire sans que je sache comment on en était arrivés là.Gregor, Pays Bas (bal folk, lindy hop, blues dancing, kizomba)
J’ai été guidé à la valse par quelqu’un avec beaucoup d’expérience. Je n’avais aucune idée que je pouvais bouger comme ça. Tous les petits et simples mouvements étaient précis et il me faisait faire exactement ce qu’il voulait.Stefan, Pays Bas (bal folk)

Ceux qui ont vécu des moments très intenses

J’ai dansé avec un garçon qui m’a fait tourner, valser, pendant 10 min. C’était un moment magique. Je sentais sa présence sécurisante. Je me laissais aller à la musique.David, France (bal folk, others)
Micro blues dancing en Suisse (Blossom Blues), juste à écouter et à suivre de tout petits mouvements en cadre fermé, c’est devenu très intense et la manière de guider gentille et douce, et ensuite plus exigeants de ma guideuse. Ca m’a rendu heureux, triste et soutenu.Neil, United Kingdom (lindy hop, blues dancing)
Lors d’un festival trad, après une semaine de danses, qui me laissa boitillant le dernier jour… Dernier concert, pénombre et clapotis de la rivière en bas, une invitation de coté, un regard et déjà enlacés sans pensé a la douleur musculaire, la musique enveloppant plus rien n’a d importance, et la douce mazurka nous entraîna peu à peu, à coup de glissement vers un axe unique, une énergie unie, dans un seul corps….nous ne savions plus qui guidait.Yann, Espagne (bal folk, tango, lindy hop, forrò, salsa, others)
Quand parfois il y a des moments magiques et quelqu’un me guide soudainement un tempo en quatre temps sur la musique, et je m’aperçois que je comprends, que je suis assez rapide et que ça fonctionne. Quand le guideur me laisse de l’espace pour improviser. Quand je me relaxe complètement dans les bras d’un homme – je suis un homme et hétéro, et c’est un sentiment hyper relaxant quand je me laisse emporter uniquement par la danse, la musique et le guidage, de me laisser emmener sans le moindre, même minuscule élément romantique, nerveux ou sexuel élément – juste la musique, la danse, la confiance, et la proximité corporelle, sans rien qui vient le bouleverser.Paul, France (tango, others)
 

Ceux qui ont trouvé de l’inspiration et de nouveaux objectifs

J’ai découvert que suivre a ramené du fun et de l’énergie dans certaines danses que je trouvais un peu ennuyeuses quand je les guidais – ceux qui ne suivent pas manquent le privilège d’essayer les incroyables styles et mouvements de plein de merveilleux guideurs. Je me suis aussi rendu compte que la plupart du temps je suis très conscient de ce que je fais quand je guide, alors que quand je suis, je peux laisser aller toute cette pensée consciente et me laisser « absorber » par la danse. C’est une sensation très agréable.Dan, Royaume Uni (bal folk, lindy hop)

Ceux qui font de drôles de découvertes

C’était très drôle de danser le tango avec un homme portant la barbe.Julien, France (tango, rock'n roll, kizomba)
Une mazurka guidée par une fille qui s’amusait à me faire cambrer le dos. Forcément avec ma morphologie d’homme, ça rendait tout autre chose. C’était intéressant et marrant.Frédéric, France (bal folk)
J’ai été guidé par un homme pendant un spectacle, et j’ai senti que c’était très révélateur pour beaucoup de personnes dans le public. Nous ne sommes tout simplement pas habitués à voir ça. Une autre super expérience, quand j’ai dansé en portant un kilt. C’était super de suivre car le kilt s’envolait de manière plaisante.Pierre, Belgique (tango, forrò, others)

Ceux qui n’ont pas la vie facile

J’ai été ravie de lire que certains hommes n’ont jamais rencontré d’objection ou de rejet dans leur démarche de suivre en danse de couple. Peu d’objections marquées lors de l’invitation ; il semble que quand vous osez demander à inverser les rôles, vous vous adressez en priorité à des gens susceptibles de répondre oui, des gens dansant déjà « ambi ».

Malgré tout, la plupart d’entre vous ont été confrontés à différents problèmes. Pour certains d’entre vous, c’est même un obstacle récurrent !

??? je ne comprend pas le sens de la question. Ou alors j’ai peur de la comprendre. Ca arrive encore ça?Loïc, France (bal folk)
Opposition ? Absolument.  Dans quasiment toutes les danses quand j’ai commencé à suivre, et encore aujourd’hui (après cinq ans à suivre et quatre ans à être prof de danse), ça arrive encore à peu près à chaque fois que je vais danser.Pascal, Suisse (bal folk)

Ceux qui ont ressenti de l’opposition à un moment ou à un autre

Quand il y a un nombre modéré ou large de femmes sans cavaliers, alors parfois si des hommes dansent ensemble on peut percevoir le ressentiment de certaines femmes. Elles pensent qu’on les abandonne et qu’on les laisse sans personne avec qui danser.Matt, Royaume Uni (west coast swing, blues dancing, others)
Oui plusieurs fois ! Le plus souvent c’était de la part de femmes followers qui se plaignaient du fait que je danse avec un autre homme, alors que selon elles il aurait fallu qu’on les fasse danser…Idrissa, France (bal folk, lindy hop)
Un homme m’a dit pendant le cours « Tu le fais encore ?!? Tu vas porter une robe la semaine prochaine ? ». Et des femmes qui donnent l’impression de penser que je leur vole leurs leads !Robin, Pays de Galles (lindy hop)
Est-ce que le manque de guideurs masculins pour les femmes est un obstacle au fait que les hommes se mettent à suivre ?

En tant que femme, je n’ai jamais suspecté que nous pouvions être une part du problème au point que les hommes se sentent coupable de vouloir essayer un autre rôle. Il semble que nous ayons nos propres stéréotypes à faire tomber pour que nous puissions tous évoluer ensemble.

 

Pour les danseurs de bal folk, il existe une difficulté supplémentaire : les danses de groupes (mixers), où on va devoir danser avec tout le monde. Les danses où on change de partenaires, peuvent se révéler problématique pour deux raisons :

  • il n’est pas possible de demander le consentement de toutes les personnes avec lesquelles on va danser
  • il y en aura forcément au moins une qui ne voudra pas danser avec un autre homme

Même si c’est pour 20 secondes. Même si c’est juste se tenir la main et pas se tenir dans les bras.

Il m’est arrivé plusieurs fois de voir mon partenaire dans un mixeur quitter la danse plutôt que de danser avec un homme.Vincent, France (bal folk)
Les remarques ou gênes venant d’hommes ne ciblaient pas particulièrement le fait que je suive, mais le fait qu’ils ne voulaient pas danser avec moi car j’étais un homme. On sort un peu du simple fait que je suive en tant qu’homme, pour toucher au schéma hétéronormatif qui s’applique aux danses sociales : les symboliques de la séduction, du couple, de l’homme qui guide et de la femme qui suit se mêlent et font que certains hommes se sentent mal à l’aise quand je leur propose de danser. L’exemple le plus humiliant était sà»rement cet homme qui, lorsque je suis arrivé à son niveau dans une chapelloise, a refusé de me toucher lors des 32 temps de notre passage ensemble. Le plus absurde (à mon sens) était ce danseur qui ne comprenait pas que je l’invite à danser une bourrée à trois temps*, et qui m’a explicitement dit qu’il ne danserait pas cette danse avec un homme.Idrissa, France (bal folk, lindy hop)

(*) Note pour non les danseurs de folk : la bourrée 3 temps se danse face à face et les danseurs ne se touchent pas.

Certains pointent le manque de danseurs ambi dans les danses latines…

En cours de Kizomba, par le prof lui-même pour qui ce n’est pas aux hommes de suivre (vision selon moi passéiste selon laquelle c’est à l’homme de donner une direction à la danse et à la femme d’avoir comme qualité principale de se laisser guider, de ressentir ce que l’homme veut et à soi-disant « donner du style »).Romain, France (bal folk, kizomba)
Danser forrò a été éprouvant car la communauté est très sexiste de ce point de vue. La communauté blues est moins sexiste mais pas encore parfait – je sens que des progrès ont été faits entre le moment ou j’ai débuté et maintenant, a mon niveau j’espère y avoir contribué.Michael, Nouvelle Zélande / Ecosse / Portugal (blues dancing, forrò, others)

Les objections et le rejet, c’est parfois aussi ne pas être reconnu comme un suiveur à part entière. Manifestement des personnes acceptent l’idée qu’un homme puisse suivre, mais le voient plutôt comme une phase ou une expérience, mais pas comme un rôle à part entière qui pourrait être permanent. On ne dira jamais assez que les rôles de genre sont une construction sociale et que nous avons tous une part à jouer pour les faire évoluer.

C’est arrivé, en particulier quand j’ai commencé à suivre, le meilleur compliment que je pouvais avoir était « tu es ok pour un guideur ». Beaucoup de guideurs essaient de suivre un peu, mais je n’ai pas envie d’être reconnu comme un guideur qui suit. Je veux être estimé comme un suiveur à part entière et dans mon bon droit. Et je pense que je commence à y arriver maintenant.Max, Royaume Uni (lindy hop, blues dancing)
Pas en blues, mais en lindy pendant des cours, certains hommes m’ont occasionnellement dit qu’ils trouvaient ça étrange. J’ai aussi été félicité pour être courageux. Un type m’a dit que les hommes devraient suivre seulement si toutes les femmes se mettaient à guider pour changer.John, Royaume Uni (lindy hop, blues dancing)

Nous savons que la vie en elle même est plus difficile pour les personnes LBGT et non binaire, mais bien sûr la danse sociale ne rend pas les choses plus faciles.

Je suis un homme transgenre (femme-vers-homme), et les gens me prennent souvent pour une femme, alors ils pensent que je dois suivre. Si je suis, alors les gens me traitent aussi comme une femme en dehors de la danse. Ca me rend vraiment inconfortable avec l’idée de suivre, alors je préfère guider même si dans un monde idéal j’adorerais guider et suivre à égalité. J’accepte de suivre uniquement si le guideur sait que je suis un homme-non-traditionnel et pas une femme traditionnelle.Jeremy, uk (others)
Autant vous dire que ce témoignage me bouleverse particulièrement, et que j’applaudis Jeremy et le remercie chaudement d’avoir partagé son point de vue.
VirtualHug2

Certain d’entre vous ont mentionné et m’ont demandé pourquoi je ne parle pas des scènes queer, comme il en existe en tango ou en danse de salon, qui ont déjà dépassé cette question de guideur-suiveur et dégommé les idées reçues. A vrai dire, c’est une scène que je connais peu/pas, donc je suis mal placée pour en parler. C’est un univers particulier, parfois créé comme une « zone sûre » pour les personnes LGBT, et parfois suite à un rejet par les circuits de compétitions traditionnelles des personnes de même sexe dansant ensemble. C’est un milieu hyper riche et intéressant qu’il faudra des pages et des pages, des livres et des films, pour expliquer et décortiquer. C’est pourquoi je pense qu’on devrait tout simplement suivre leur exemple et amener leur ouverture d’esprit dans les scènes de danses « hétéro-normées ».

Les communautés tango Queer et OpenRole sont tellement riches et enrichissantes, je suis infiniment heureux qu’elles existent, dans ce milieu si prétentieux, arrogant, traditionaliste, sexiste et machiste monde du tango. Les découvrir a été un voyage à travers tout ce que notre société a construit d’habitudes étranges autour de ce que peux faire telle ou telle personne en fonction de son genre. Ca dépasse le cadre de la danse, c’est une philosophie. J’aime aussi le contact physique : j’aime serrer dans mes bras mes amis à la fois masculins et féminins, mais c’est toujours en privé. Avec le Queer/OpenRole tango, je peux montrer au monde que ce n’est pas si terrible de toucher un autre homme. Je peux leur montrer comme mon visage est heureux dans les bras d’un homme ou d’une femme, et qu’aucun de ses contacts n’a besoin d’être de nature sexuelle. C’est une chose fabuleuse, et un cadeau.Paul, France (tango, others)

Ceux qui ont expérimenté le refus

Étrangement, vous êtes nombreux à déclarer ouvert à danser avec tout le monde, homme ou femme. Mais quand vous développez vos témoignages, vous vous référez souvent à vos partenaires de danse comme étant des femmes. Et régulièrement, elles semblent refuser de vous guider quand vous leur demandez.

La proposition de suivre est généralement bien accueillie, à l’exception de follow qui ne sont pas intéressées par le rôle de lead.Simon, Québec (blues dancing)
Elle m’a dit « bah non, c’est toi l’homme » et qui m’a ensuite lâché parce que mon guidage ne lui convenait pas…Etienne, France (bal folk, others)
Je dirais que le principal frein au fait de danser avec des hommes reste mon courage qui est souvent beaucoup trop faible. Quand je reçois un refus, j’ai souvent la lâcheté qui revient pour le deuxième essai avec quelqu’un d’autre. Quand je me mets en position de guidé face à une cavalière et qu’elle refuse, j’ai des tas d’exemple de phrases de refus : « J’ai mal au bras, je n’aime pas guider, je ne sais pas guider, je préfère que ce soit toi qui guide »Léandre, France (bal folk, tango, other)

Ceux (nombreux) qui aiment être menés par des femmes

Il y a pas mal de raisons qui peuvent pousser les hommes à demander en priorité aux femmes-suiveuses de les guider. Entre les raisons que vous m’avez donné et celles auxquelles j’ai pu penser, il y a :

  • vous demandez en priorité à vos amies et vos partenaires de danse habituelles
  • vous aimez échanger de rôle pendant la danse, et donc passer de guideur à suiveur avec vos partenaires habituelles
Et peut-être aussi :

  • demander à un autre homme est plus difficile
  • vous préférez danser avec des femmes
Quand je suis, je suis guidé la plus part du temps par des femmes et je pense que cela leur plait aussi et se rendent compte des contraintes que l’on rencontre.Olivier, France (forrò, salsa)
Je suis un homme, danseur guideur. Spontanément je vais guider, et j’adore ça. Mais il m’arrive quelque fois d’être guidé par une femme (on apprends beaucoup ainsi sur le plan technique, pour s’améliorer soi même sur le plan du guidage), quand au court d’une conversation on en vient à vouloir tenter l’expérience. Cela reste occasionnel, avec des personnes avec qui j’ai eu un bon feeling.Frederic, France, Bal Folk

Personnellement, quand j’ai commencé à guider, je me suis tournée vers la catégorie de personnes qui suivent le mieux, celles qui pourraient compenser mes défaillances de guideuse débutante : les autres femmes. Je pensais qu’en tant qu’experts du guidage, vous vous tourneriez également vers les personnes qui vous guideraient le mieux, soit d’autres hommes. Alorsj je vous le demande : pourquoi demandez-vous à des suiveurs de vous guider ?

En demandant à des suiveurs de devenir des guideurs, beaucoup d’entre vous se voient présenter un refus pour des raisons assez évidentes :

  • elles pensent qu’elles ne guident pas assez bien
  • elles pensent qu’elles ne guident pas assez bien, et vous êtes un grand et lourd débutant suiveur, ce qui rend les choses encore plus difficile à vous guider
  • elles pensent qu’elles ne guident pas assez bien et vous êtes un super guideur, donc elles préfèrent de loin passer un bon moment comme suiveuses plutôt qu’un temps difficile à essayer de vous guider

Celui qui se sent déséquilibré

De manière assez surprenante, sur tous les hommes qui déclarent suivre des femmes, un seul sur les 122 témoignages fait référence à la différence de taille et de poids entre hommes et femmes. Beaucoup de danseurs (hommes et femmes confondus), disent qu’ils ferment les yeux pendant la danse et se laissent porter par le guideur et la musique. Je sais que beaucoup de gens – spécialement les débutants – prennent cette expression au pied de la lettre. Il est déjà difficile pour un guideur d’avoir une femme de 55 kilos à tracter, alors imaginez la même femme tracter un homme de 80 kilos. C’est à la fois épuisant et impossible.

Déséquilibré: Se laisser guider par quelqu’une de 30cm et 40 kg de moins que moi n’est pas toujours évident pour ma carcasse… Porté : se laisser porter par la musiqueLionel, France (bal folk)

GuideMoi

Mon conseil est donc : fermer les yeux > oui. Se laisser diriger et laisser aller le contrôle de la danse  > oui. Se laisser porter/tracter > non. Si vous avez un doute sur votre position là dedans, alors verbalisez et demandez à votre partenaire.

Êtes-vous vraiment des suiveurs ?

Ce que je lis, ce sont beaucoup d’hommes curieux, balançant entre guideurs-à-l’écoute et suiveurs, ouverts au « switch ». Pour beaucoup d’entre vous messieurs, suivre semble très lié au coguidage et à l’échange des rôles pendant la danse. Ce qui est super. Mais qui n’est pas réellement suivre à mon sens.

J’essaye d’être à l’écoute tout au long de la danse et de laisser la possibilité de mener au partenaire si iel le souhaite, peu importe qu’on ai décidé de role défini avant de danser. Après, mon niveau ne permet peut être pas de sentir tous les appels mais ce n’est jamais volontaire.Bob, France (Bal Folk & others)
Suivre et guider sont pour moi deux choses très semblables, je laisse beaucoup d’espace à mes partenaires pour qu’il leur soit possible d’improviser de faire quelque chose d’imprévu, les personnes avec qui j’aime échanger les rôles sont souvent ainsi et j’adore me retrouver perdu entre follower et lead, quand la musique nous prend à notre propre jeuJulien, France (Bal Folk, Tango, Ballroom, Others)

Etre à l’écoute de son suiveur et lui laisser de la liberté, c’est une très grande qualité pour un guideur (et comme être humain d’une manière générale). Pour moi, partager le guidage n’est pas vraiment suivre, mais clairement un premier pas dans cette direction, et c’est certainement moins effrayant que de laisser complètement les rênes du guidage à son partenaire.

Ceux qui s’organisent

Certains d’entre vous ont beaucoup réfléchis à qui ils invitent, quand ou pourquoi.

Il est utile de se rappeler ce que sont guider, suivre, échanger, et partager le guidage.

  • Guider et suivre : l’un décide et impulse d’un mouvement et d’une direction, l’autre accepte cette impulsion (dans une certaine limite), et accompagne activement le mouvement
  • Echanger c’est transférer le rôle de guideur et de suiveur à l’autre au moins une fois pendant la danse
  • Partager le guidage ou coguidage, c’est deux personnes qui s’écoutent et lancent des variations quand elles sentent un espace de liberté, faisons simple, deux suiveurs
  • 2 guideurs, je pense, donne une relation agressive et non fonctionnelle
En tango, il y a des « tandas » de manière optimale de 4 chansons. Dans ce cas, le plus souvent on alterne le guideur après chaque morceau. Avec des amis, je peux parfois demander : « Je suis plutôt d’humeur à suivre aujourd’hui, est-ce que tu peux me guider toute la tanda ? ou juste guider sans particulièrement demander dans quelle humeur je suis. Dans le monde queer/OpenRole world, la règle est en générale de changer après chaque morceau.Danny, Pays Bas (tango, others)
Quand je danse avec une femme, le plus souvent on va switcher au cours de la danse. C’est rare qu’une femme me propose de guider pendant toute une danse. Avec un homme le switch au sein d’une même danse est plus rare, on aura plutôt tendance à enchaîner deux danses, en inversant les rôles à la fin de la première danse.Andréas, France (west coast swing, blues dancing)

Mais bien sûr, il n’y a pas de règle et tout dépend de la personne avec laquelle on parle, de son propre passif et de la situation.

Cela dépend énormément de la personne, alors je vais essayer d’être le plus précis possible. Avec les danseuses qui me semblent non expérimentées, je ne propose que rarement de me laisser guider. Avec les danseuses expérimentées, j’ai tendance à proposer de suivre, juste avec la position des bras, et selon la réaction je me retrouve à suivre ou à guider et à échanger ou non pendant la danse. J’ai souvent une réaction d’étonnement. Avec les danseurs qui me semble moins expérimentés, j’ai tendance à ne les inviter seulement si j’ai eu un contact avec la parole avant. Je n’ose pas inviter un homme de but en blanc. Avec les danseurs qui me semble expérimentés, j’ai tendance à observer leur comportement dans les cercles et les chapelloises, ou je suis souvent, avant de les inviter. Si je les sens assez ouvert et si c’est un jour ou je suis courageux, je les invite, des fois je n’ai pas la force d’oser. 🙂 Et dans toutes les danses, j’aime bien essayer le partage, même si des fois il est très bref, j’aime la sensation d’être dans ce doute de qui guide.Léandre, France (bal folk, tango, others)

Parmi les témoignages reçus, aucun ne mentionne être suiveur à 100% du temps. Si je suis sure que ça existe dans les scènes queer, je doute sérieusement que ce soit possible dans nos scènes traditionnelles, même pour ceux qui le souhaiteraient.

Dans tous les mots que vous avez utiliser pour décrire le suivi, j’ai beaucoup vu le mot « Confiance ». Ca ne signifie pas qu’il faille accorder une confiance absolue à tous les guideurs, mais je suppose que jusqu’à un certain point nous avons tous besoin d’un peu de confiance pour confier notre corps au main d’un guideur qui va décider où nous diriger et quoi nous faire faire. C’est pour ça que je ne suis pas tout à fait d’accord avec certains témoignages d’hommes prêts à reprendre le guidage quand ils sentent (ou croient) que leur partenaire n’est pas assez bon ou en difficulté.

Je m’adapte au max au niveau de guidage du leader et je reprend le lead pour lui montrer sil cela s’y prête, sinon la plupart du temps je ferme les yeux et branche mes récepteurs au max comme lorsque l’on découvre un nouveau lieu.Vincent, France (bal folk, lindy hop, blues dancing, forrò)
Je demande généralement à être guidé. La plupart du temps à des mis. Souvent des hommes, mais pas seulement. Je reprends souvent le guidage quand je trouve que c’est nécessaire (par exemple pour éviter des gens, ou se diriger dans un passage étroit ou difficile) ou quand c’est plus pratique, ou si j’ai envie de faire quelque chose que mon guideur ne me fait pas faire. J’ai du mal à exprimer clairement à mon guideur ce que je veux et ce que je ne veux pas. Alors je guide depuis la position de suiveur, et je le rend dès que possible. Il arrive que nous échangions au milieu de la danse. Quand je suis dans la position de guideur, si je perçois une forte prise ou une meilleur idée de mon suiveur, ou une perspective différente (sur la dose d’intensité dans notre couple ou l’énergie de la musique), mais dans ce cas en restant dans la position du guideur.Robert, France (bal folk)

Je ne doute pas des bonnes intentions derrière ces témoignages, mais est-ce que vous reprenez aussi le guidage quand c’est un homme qui vous guide, ou est-ce que c’est quelque chose que vous réservez aux suiveuses que vous mettez en position de guideur ?

Echanger et partager le guidage permettent de reprendre la main quand on le souhaite en théorie. Pour moi, pas quand on suit. Si j’accepte de guider ou de suivre quelqu’un, j’attends personnellement de mon partenaire qu’il.elle construise cette conversation ensemble avec mes qualités mais aussi avec mes défauts. En tant que suiveur, ça signifie aussi ne pas reprendre la main à quelqu’un qui guiderait moins bien que moi. De nombreuses personnes le font quand même, hommes et femmes, mais je pense que c’est une mauvaise habitude.

Ca m’amène à la définition de « suivre », parce que j’ai l’impression que parfois on se lance là dedans, sans vraiment penser à ce que ça implique, spécialement quand on a des habitudes de guideurs. C’est un défi pour vous messieurs, que de laisser tomber vos habitudes de guideurs, le contrôle que vous avez sur la danse, pour découvrir ce que c’est que « suivre activement ». Et bien sûr, ce n’est pas chose facile. Dans son blog, the Dancing Grapevine, Laura Riva dit on ne peut pas être le Directeur et l’Acteur du partenariat de danse, c’est une pensée intéressante parce qu’en tant que guideurs vous pouvez avoir déjà danser avec des « suiveurs actifs », sans savoir exactement ce que c’est. Et ce n’est pas contre-guider.

Enfin, pour ce qui est d’échanger le guidage, je voudrais promouvoir quelque chose de plus poli que « je reprends le guidage quand j’ai un truc à dire », et qui serait le « je rends le guidage à la personne pour qu’elle puisse s’exprimer. » C’est comme pour une conversation verbale, où on va finir sa phrase et laisser de la place à la personne qu’elle vous réponde, sans lui couper la parole.

Faut-il enseigner la danse ambi ?

A la fin du questionnaire, je vous ai demandé ce que vous pensiez des cours de danse où on apprend à la fois à guider et à suivre. Evidemment, comme vous êtes tous sensibilisés à la question, vous êtes majoritairement pour. C’est sur l’application pratique du concept, que vous n’êtes ni certains, ni d’accord.

Une meilleur atmosphère, souvent un meilleur enseignement aussi. Les instructions du prof permettent une meilleure vsion des deux rôles.John, UK (lindy hop, blues dancing)
Pour un cours avancé pourquoi pas. Mais pour un cours débutant, clairement non étant donné que ce n’est pas la situation qu’on rencontrera en balNicolas, France (bal folk)
C’est très bien. je ne comprends pas les cours où cette pratique n’est pas incitée et où personne ne se pose la question, à aucun moment, s’il souhaite suivre ou si elle souhaite guider.Adrien, France (tango, lindy hop)

Ceux qui sont pour, mais pas trop sûrs du comment/quand

L’idée est intéressante mais je me pose la question de la mise en pratique concrètement. Est-ce que ce n’est pas trop d’informations à la fois ? Je me demande aussi comment structurer le cours en tant que professeur.Thomas, France (lindy hop, blues dancing)
C’est génial mais méfiance à ce que l’on veut transmettre. C’est génial de faire les deux, mais il faut des super profs, car sinon ça donne n’importe quoi… Les danseurs qui ne savent ni guider ni suivre c est le calvaire. Mieux il faut se specialiser dans un, que de faire deux rôles très mal. C’est mon point de vue. Mais bon, c’est comme partout peut être !Yohann, France (tango)
Je n’ai pu assister qu’assez brièvement à des cours de ce genre. Ces cours ne m’ont pas plu, mais pas du fait de cet approche guidage/suivi mélangés. En théorie je trouve le principe intéressant, on apprend tellement à s’essayer à l’autre rôle. En revanche j’assiste à des cours où le rôle à apprendre est défini (on en choisit un), mais où l’on nous fait expérimenter brièvement l’autre rôle pour comprendre/ressentir certains principes indispensables (je pense au tango). Et cela fait des merveilles! (pédagogiquement parlant).Romain, Bretagne (bal folk)

Ceux qui l’enseignent déjà

C’est ce que je pratique avec mes élèves et aux cours que je prendsGabriel, France (bal folk, lindy hop, west coast swing, rock'n roll, blues dancing)
Je donnes des ateliers de danse et j’essaie à minima d’échanger les rôles de temps en temps.Wim, Belgium (bal folk, lindy hop)

De ce que je lis, il y a trois types d’approches :

  • Les »vrais ambis », où on apprend de manière égale à guider et à suivre : à chaque exercice on fait d’abord dans un rôle, puis on échange et on refait
  • Les « échanges » de rôles, où on a un rôle déterminé pendant le cours, mais on échange uniquement pour certaines choses (pour les tours rapides par exemple, ou les exercices de connexion)
  • Les cours « ouverts », où on est libre de changer de rôle à chaque exercice
A part pour une initiation où il faut aller à l’essentiel je trouve ça génial! Je pense que ca fait progresser 2 fois plus vite! Dans les danses plus « genrées » comme la salsa et le tango, j’ai l’impression qu’il y aurait plus de barrières sociales et culturelles pour le faire mais cen serait top!Fabien, France (bal folk, forro)

L’idée d’apprendre les deux rôles, mais successivement

Il ne faut pas l’apprendre en même temps mais successivement. Une fois qu’on maîtrise relativement bien un, on peut s’ouvrir à l’autre. Sinon, risque de confusion et, au final, de piètre danse, dans un rôle comme dans l’autre.Sylvain, France (tango)
Bien mais cela peut être frustrant surtout que ce genre ne propose souvent qu’un exercice ou 2 ou l’on change les rôles pas assez pour être à l’aise pour les leader. Le mieux pour moi est d’expérimenter un rôle dans un cours puis un autre cours ou l’on explore l’autre rôle.Kevin, France (bal folk, tango, blues dancing)
Dans les styles que je pratique, c’est généralement précieux. Il y a tout un courant en danses suédoises où c’est systématique et sans égard pour le sexe du partenaire (ici, le terme de genre me parait peu approprié : on parle de danses de couple). En fait, je trouverais assez logique d’apprendre d’abord à suivre. Je parle toujours bien des styles que je pratique. Avant d’être capitaine, il faut être moussaillon, quelque chose comme ça. Logique mais pas réaliste.Luc, Belgique (bal folk, others)
En fait, mon prof de tango m’a dit un jour que dans les vieilles écoles de tango de Buenos Aires, ont été créées pour apprendre la danse aux hommes. Ils entraient à l’école en tant que suiveurs jusqu’à ce qu’ils soient « prêts à guider ». La première approche qu’ils avaient de la danse étant donc en tant que suiveurs pour des danseurs plus avancés, jusqu’à ce qu’on vous estime suffisamment expérimenté pour avoir la responsabilité d’un autre corps.

L’idée d’essayer les deux rôles avant de choisir

Pour moi les cours devraient pouvoir proposer réellement une découverte des deux rôles,pour que chacun selon son attirance puisse choisir, découvrir, apprendre ce qu’il se passe en face de l’autre coté de l’abrazo, quel que soit son genre.Yann, Espagne (bal folk, tango, lindy hop, forrò, salsa, others)
De mon point de vue il faut pouvoir essayer les deux pour savoir où l’on se sent plus à l’aise. Je suis bien plus à l’aise en tant que guide, mais dans le cadre d’un cours cela peut permettre de mieux comprendre les subtilités du guidage et de la posture.Vincent, Suisse (bal folk, lindy hop, ballroom, musette)
Très important d’aborder selon moi sous forme de jeux et de démystifier le fait que l’homme guide et la femme suit. En tango il est historique que 2 hommes constituent des couples de danseurs. Ca permet aussi de facilité le lien social lors d’événements, de combler un déséquilibre hommes / femmes et aussi facilite le partage de technique hommes/hommes ou femmes/femmes car en sachant ce que ressent l’autre on sait si la personne qui nous guide maîtrise ou pas. Aussi important selon moi que la musicalité et le rythme. Apprendre a danser sans même se déplacer (dans sa tête et dans son corps). Cela ne doit pas être systématique pour ne pas rebuter les débutantsOlivier, France (salsa, forro)

Je trouve cette idée absolument brillante ! J’ai déjà rencontré des hommes avec une facilité naturelle et un goût pour le suivi, mais qui probablement ont été freinés dans leur développement et leur potentiel de suiveur par cette injonction homme = guider.

Si vous n’êtes pas tous d’accord sur le comment et le quand, vous êtes en revanche d’accord pour dire que la vieille manière d’enseigner par genre est complètement dépassée.

Je pense qu’un cours qui ne fait pas les 2 n’est pas un cours complet, un professeur qui tente de te figer dans un rôle (pour une raison X ou Y, sexe, genre, coutume, usage, morphologie…) devrait fondamentalement revoir son enseignement et sa pédagogieJulien, France (bal folk, tango, ballroom, others)

Finir tout en poésie

Le dernier mot revient à Samuel, qui a le mieux compris le vrai sens du rôle de suiveur !

Suivre c'est comme boire un bon vin : au début, on aime pas vraiment ça mais on se force un peu. Ensuite, on aime ça et on prend plaisir. Enfin, on en découvre toute la subtilité et la richesse. (ca marche aussi pour le café, whisky...^^)Samuel, France (bal folk, forrò)

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