25 juillet 2017
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Call the midwife, une histoire de femmes sages

Grâce à Netflix qui propose un si grand choix de séries de la BBC, je viens de terminer la superbe série Call The Midwife, génialement intitulée SOS Sages femmes en français.

Call The Midwife
Call The Midwife

La série est adaptée des mémoires de Jennifer Worth, sage femme dans les quartiers pauvres de Londres au début des années 60. La narratrice de la série est donc une certaine Jenny Lee âgée qui nous commente son arrivée et sa vie à Poplar, en tant que sage-femme détachée auprès des nonnes de Nonnatus House. Elle vit donc avec les nonnes et deux autres collègues sages-femmes, s’occupant des accouchements à domicile, de la maternité de quartier, mais également comme infirmières pour les soins à domicile.

Autour de Jenny, des petites sages-femmes et des nonnes gravitent tout un tas de personnages attachants comme Fred l’homme à tout faire, le docteur Turner, Peter le gentil flic, Tom le charmant vicaire…

Call the Midwife - Sister Evangelina
Big up pour Sister Evangelina

Car les personnages font tout le charme de la série, ils sont tous attachants, drôles et profondément humains. Les dialogues sont bien écrits et tour à tour drôles ou émouvants. Les nonnes sages-femmes sont étrangement progressistes et drôles, les personnages secondaires masculins sont honnêtes et ouverts d’esprits.

Il n’y a pas de personnages méchants dans Call the Midwife et c’est certainement le côté le plus irréaliste de la série, même si tous ont leur petite part d’ombre. Le drame est généralement dans la situation, alors que les personnages ne sont qu’empathie et tasse de thé (ou de chocolat chaud quand la crise est vraiment grave). Et les épisodes ne sont pas tendres, même s’ils se terminent généralement bien sur une petite morale de la vieille Jenny qui nous rappelle que le monde n’est pas si nul que ça après tout.

Tous les thèmes sont abordés, entre le traumatisme d’après-guerre, la misère profonde, l’avortement, le deuil, la prostitution, l’homosexualité (illégale à cette époque), les MST, la vertu, le handicap, les maladies mentales, l’amour parental et romantique, la place de l’homme dans le couple (et dans les années 50), la famille, l’éducation, la réalisation de soi, les épidémies, le racisme, les avancées de la médecine…

Call the Midwife - Chummy
Mon top 5 des persos préférés : Chummy, Sister Angelina, Trixie, Sister Monica Joan et Fred !

Et puis des femmes, des femmes partout. Des femmes qui tiennent bon, parfois humiliées ou honteuses, des femmes sans contraception, battues, malades, des femmes qui avortent, des lesbiennes qui ne seront jamais libres, des femmes pieuses qui se démerdent comme elles peuvent entre leur foi et la misère qui règne autour d’elles, des femmes en manque d’amour, et celles qui font des kilomètres en vélo de nuit dans un quartier qui craint pour aller accoucher une femme en détresse.

Et évidemment des accouchements dans la douleur, il y en a plein, certains hardcore et d’autres moins, et on se demande comment on faisait avant l’invention de la péridurale (avec quand même mention spéciale pour l’épisode ou Chummy fait une démonstration de l’usage du gaz hilarant). J’ai rarement fait autant de recherche sur google pour trouver des infos sur tout ce que la Terre compte de maladies chelou, entre le spina bifida, la syphilis, la diphtérie et la fièvre typhoïde… Plein de choses peu ragoutantes je vous l’annonce, mais qui vous font savourer tout notre confort moderne.

Call the Midwife compte 6 saisons, dont les 5 premières sont disponibles sur Netflix. Un 7ème saison est prévue, et en attendant de pouvoir accéder à la saison 6, je compte porter toute mon attention sur les mémoires de Jennifer Worth, malheureusement décédée un an avant la diffusion de la série.