24 septembre 2016
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Harry Potter and the Cursed Child

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Je viens de finir le tout nouvel opus d’Harry Potter, sorti il y a quelques semaines en langue de Shakespeare. Sa particularité ? C’est une pièce de théâtre, dont la première a eu lieu à Londres le 31 juillet dernier. Il ne s’agit donc pas d’un roman, mais bel et bien d’un script de pièce. L’opération a été rondement menée et je ne peux qu’applaudir des deux mains JK Rowling pour avoir su faire évoluer son univers, provoquer des good buzz et au final pondre une idée brillante, totalement dans la lignée des romans précédents et qui ravira les aficionados du genre.

Fallait-il vraiment faire une suite à Harry Potter ?

Comme pas mal de gens, j’étais complètement blasée lors de la lecture d’Harry Potter & the Deathly Hallows de voir que JK Rowling mettait un dernier chapitre se passant dans le futur pour clore son récit. Harry et Ginny mariés et parents, petite famille parfaite, conduisant leurs enfants à la gare et retrouvant Ron et Hermione également accompagnés de leur progéniture. Un happy end parfait, avec l’idée bien proprette qu’on épouse forcément son amour de lycée et qu’on vit dans le bonheur absolu avec chien et enfants. En ruinant toute possibilité pour les lecteurs d’imaginer eux même un futur pour le petit sorcier, voire même pour elle la possibilité de créer une suite dans le futur.

Et puis l’annonce a été faite de la création d’une pièce de théâtre se passant 20 ans après le livre, après ce chapitre final donc. Une idée assez cool en soit, personnellement j’aime bien le théâtre et c’est quand même mieux que de nous pondre un nouveau film. Vint ensuite l’annonce des acteurs qui allaient participer à ce nouveau projet, et l’annonce qui a provoqué un gros buzz sur Internet : l’actrice choisie pour interpréter Hermione Granger est noire.

Une annonce un peu dure à accepter par certains fans et qui a donc provoqué un peu d’émotion sur les réseaux sociaux, et pas toujours de manière très classe. Du coup, JK Rowling en rajoute et donne son aval public sur ce casting : “où a-t-on lu dans les romans qu’Hermione était blanche ?”.

JK Rowling fait un pied de nez à certains de ses fans aux relents un peu racistes, en oubliant au passage que pendant 15 ans elle nous a balancé des illustrations et des films dans lesquels le personnage d’Hermione était blanc. Quoi qu’il en soit, je trouve l’idée intéressante et fait la promotion d’une actrice noire dans un rôle en vue donc on ne va pas s’en plaindre. Par ailleurs la « polémique » alimente le buzz autour la pièce, et c’est d’ailleurs un coup marketing tout à fait réussi.

Et voilà que le jour de la sortie de la pièce, le script apparaît dans toutes les librairies sous forme d’un gros et magnifique tome comme on en rêve, mais laissé tel quel et non retravaillé comme un roman. Ça continue à faire la promotion de la pièce et ça va certainement pousser bon nombre de fans à aller au théâtre. Je ne sais donc pas si Harry Potter avait besoin d’une suite, mais le théâtre avait sans doute besoin d’un Harry Potter et de son plan marketing parfaitement orchestré.

Ceci n’est pas un roman

2 parties, 4 actes, chaque acte comportant respectivement 19, 20, 21 et 15 scènes, c’est bien une pièce de théâtre. Composée uniquement de dialogues, avec juste quelques indications au début de chaque scène, il faut bien avoir en tête l’univers Harry Potter, d’autant que les flash back sont nombreux.

L’histoire se passe 19 ans après la fin du 7ème tome d’Harry Potter, alors qu’il a donc 37 ans, qu’il bosse et qu’il a trois gamins. Et pour être exact sans trop vous spoiler, sachez donc que la première scène de la pièce est donc tout bonnement la dernière scène du livre et qu’on repart directement de là.

Le héros de l’histoire, ce n’est pas Harry Potter, non, mais son deuxième fils Albus Severus Dumbledore et un autre gamin de son âge, un certain Scorpius Malfoy (élevé directement au statut de mon chouchou absolu si vous voulez tout savoir).

Albus Potter et Scorpius Malfoy
Ceci n’est pas un spoil, c’est pas du tout comme ça que ça va se passer je vous rassure (quoi que)

On y retrouve les thèmes chers à JK Rowling et qui ont fait le succès de tous ses romans. Et avant tout, les problèmes d’adolescents mal dans leur peaux : trouver sa place, faire face aux exigences de ses parents (ou de ce qu’on croit être leurs exigences), à l’échec, aux idées reçues, aux persécutions. L’amitié tient évidemment une immense part dans cette nouvelle histoire, ça parle aussi de solitude bien évidement, et du deuil.

Et enfin, il y a de LA MAGIE partout, des scènes d’actions, des fights de badass…

Au niveau de l’histoire c’est vraiment captivant. Les nouveaux personnages sont vraiment attachants, et les anciens sont très présents mais sans en faire trop. Il y a beaucoup d’action, et des retournements de situation plus ou moins évidents. Je pense que tous les fans d’Harry Potter retrouveront vraiment leurs marques et que cette histoire s’ajoute vraiment bien aux tomes précédents.

Ce qui manque vraiment à cet ouvrage, c’est une bonne manière de rendre l’émotion et qu’on aurait pu retrouver plus facilement dans un roman. Il y a souvent des scènes assez intenses, avec des personnages adolescents, et si ça doit être particulièrement intéressant en pièce de théâtre, au niveau du script en tous cas ça manque un peu de pathos.

There’s a slightly uncomfortable silence. Both are trying to reach each other here, both are failing.

Ce genre de précisions, ça a du mal à m’arracher des larmes.

Plusieurs fois pendant la lecture je me suis demandée  “Comment ils vont bien pouvoir faire pour adapter ça en pièce”, avec tous ces pièges magiques, ces éclairs, et tous ces trucs qui se déforment, disparaissent, s’envolent… Ainsi que cette multitude de personnages qui interviennent.

Au final, cette lecture m’a très fortement donné envie de voir la pièce. Bon, les pièces en fait. Car la partie 1 et la partie 2 sont jouées à la suite mais en pièces distinctes  avec la possibilité de les voir séparément, pour la modique somme de 30 à 70£ par partie. Et à Londres bien sûr.

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